Humeur

Jour du dépassement : chercher le coupable… Ou faire sa transition ?

©paulaphoto/Shutterstock

C’est reparti : aujourd’hui, c’est le "jour du dépassement ". Non, encore une fois cette année, il ne s'agit pas du titre du dernier blockbuster post-apocalyptique qui cartonne au cinéma...

À compter de ce jour, tout bascule. Nous avons épuisé, en sept mois, toutes les ressources que la Terre peut régénérer en douze mois. Alors, que pouvons-nous faire ? Appuyer sur le bouton stop ? Faire comme la Belle au bois dormant et rester tous assoupis les cinq prochains mois, histoire de ne plus polluer, de ne plus consommer ? Non, bien sûr. Nous continuons, d’un bout à l’autre de la Terre, à boire notre café. À effectuer quelques achats. À travailler. À faire la fête. À découvrir qu'aujourd'hui, c'est le "jour du dépassement". Et à pointer du doigt d’éventuels coupables. 

"- Tout ça, c’est de la faute des grandes multinationales, des industriels !  

- Tu as vu que le Qatar avait atteint son jour du dépassement en… Février ? Les États-Unis et le Canada, en mars ! 

- Je vois aussi surtout que nos gouvernements ne font rien pour changer la donne…  

- Oui et puis plus globalement, le souci, c’est l’industrie de la mode… 

- Oui, enfin il y a la viande aussi ! 

- Et les avions ! 

- Il y a aussi tous ces smartphones qui épuisent nos ressources !  

- Tout ça, c’est lié au pétrole !"

Une belle petite conversation du côté de la machine à café, que nous sommes nombreux à avoir. Sauf que nous sommes tous dans le mauvais coup. À quoi bon chercher un coupable ? Cela nous rassure-t-il ? Dormira-t-on mieux cette nuit ? 

Sans vouloir tomber dans les métaphores animées, nous constituons, à l'échelle mondiale, une vaste armée d'Obélix tombée dans la potion consumériste dès notre plus tendre enfance… Bien loin de la jungle de Mowgli. Et nous avons tous des super pouvoirs : une vision du monde tournée vers l’achat, qu’on le veuille ou non. Nous sommes nés avec une carte de crédit bien greffée dans la main. Et le besoin d’"en avoir plein les armoires", comme le dit si bien Alain Souchon.

Avoir la tablette dernier cri, ce jean bien taillé pour la rentrée, profiter des promos à gogo "made in très très loin", faire comme le voisin et découvrir Barcelone le temps d’un week-end grâce à un vol "low cost", acheter cet avocat du Pérou dans l'hypermarché voisin où l'on s'est rendu parce que c'est "pratique pour faire toutes ses courses d'un coup"...

"C’est la société qui veut ça, et elle n’est pas prête de changer", répondra-t-on.  

Sauf que la société, c’est nous. Avec notre carte de crédit, n'oublions pas l'un de nos super pouvoirs : celui de voter. À chaque achat que nous effectuons, nous votons. Pour une entreprise éthique, qui s'engage à respecter autant que possible son environnement. Pour de la seconde main, histoire de ne pas produire à nouveau ce qui existe déjà et que nous pouvons réutiliser. Lorsque nous décidons d’ailleurs de ne pas acheter, d’avoir un train de vie plus minimaliste, nous votons encore une fois. Pour une autre industrie. Pour un autre monde. 

Ne soyons pas inquiets là-dessus, nous serons toujours des êtres imparfaits. Chaque année, nous devrons redouter ce "jour du dépassement". Nous ne sommes pas dans un film d’animation, et bien loin d'une happy end. Mais qui aime les scénarios tout tracés ? Nous pouvons mettre notre énergie à changer la donne. Discuter à la machine à café. Et agir.

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