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Et si la résistance anti-plastique passait aussi par la brosse à dents ?

©Pao Laroid/Shutterstock

Lutter contre la pollution plastique avec sa brosse à dents ? Cela ne suffira pas à résoudre le problème, mais c’est indispensable.

On ne résoudra pas le problème du plastique simplement en achetant des brosses à dents en bambou. Les constats sur les ravages de cette pollution ne manquent plus. La semaine dernière encore, le WWF publiait un rapport alarmant sur les 500 000 tonnes de plastique déversées chaque année dans la Méditerranée. La résistance est faible et elle n’est pas à la hauteur du phénomène, démesuré. Mais elle accélère. L’Union européenne proposait le 28 mai dernier une directive pour limiter les plastiques à usage unique. Des citoyens, surtout, montent au créneau, en organisant des Plastic Attacks dans les supermarchés et adoptant des modes de vie zéro déchet. Cette résistance doit être l’affaire de tous, des politiques, des entreprises et des consommateurs. Elle doit être globale, mais elle se niche aussi dans les détails. Alors on ne résoudra pas le problème du plastique seulement en troquant notre brosse à dents en plastique pour une version plus écolo… Mais le faire est un des innombrables actes de résistance qui nous permet de reprendre le pouvoir sur le monde.

100 millions de brosse à dents sont vendues en France chaque année. Elles ne sont pas recyclées. Hors de question de renoncer à l’hygiène dentaire pour résoudre le problème. Alors on continue à se brosser les dents après chaque repas, mais on opte pour une version en bambou ou une brosse dont la tête est amovible. L’offre s’élargit et il devient difficile de trouver une excuse pour ne pas changer. A part l’excuse du porte-monnaie, car, certes, ces alternatives écolos sont plus chères que les brosses à dents premier prix. Mais cela permet de soutenir une de ces entreprises françaises qui investissent dans ce secteur d’avenir.

My Boo Compagny

Chez Boo, le manche en bambou, biodégradable et compostable. Cette plante fait partie des végétaux dont la croissance est la plus rapide sur terre. Elle pousse sans engrais ni pesticide. Boo choisit son bambou dans une plantation chinoise labellisée FSC. Les poils sont en nylon-6, recyclable, fabriqué à partir de dérivés d’huile de ricin. L’emballage est minimaliste, en papier recyclé. 5,50 €, la brosse adulte

Smiloh

Ici aussi on a choisi le bambou pour le manche. Les poils en nylon biodégradable sont — comble du chic — infusés au charbon végétal activé ("Ses propriétés sont l'absorption des toxines, l'élimination de la mauvaise haleine et le blanchiment naturel des dents"). 7,50 € la brosse adulte.

Bioseptyl

Cette manufacture installée à Beauvais depuis 1845 propose une brosse à dents à tête interchangeable, qui permet de renouveler 20 % de la brosse (14,90 €). Elle fabrique aussi une brosse en propylène recyclé que l’on peut renvoyer à l’entreprise pour qu’elle soit de nouveau recyclée après usage (2,50 €).

Lamazuna

Chez la marque spécialiste de l’hygiène zéro déchet, les manches sont en plastique issu du végétal (le ricin) à 70 % et la tête est interchangeable. Lamazuna a même pensé à organiser le recyclage de la tête. "En France, les centrales de traitement ne prennent pas en compte les déchets de moins de 3 cm, peut-on lire sur le site. Donc si vous retirez les poils d'une brosse à dents en bambou, leur matière est bien recyclable mais ils ne sont pas recyclés pour autant. Nous avons donc préféré l'astuce de nos têtes rechargeables et avons mis en place un partenariat avec Terracycle pour leur donner une nouvelle vie ! Sur la page Recyclage de notre site vous pourrez télécharger une étiquette préaffranchie (à coller sur une enveloppe) qui vous permettra de nous renvoyer les têtes et manches gratuitement." 7,30 € la brosse.