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En Corse, les hôtels s'engagent pour des vacances plus écologiques

Petit déjeuner à l'hôtel La Signoria, à Calvi.
©La Signoria

Réduction des déchets, économies d'énergie et d'eau et circuits courts : les hôteliers corses ouvrent la voie à un tourisme durable sur l'île.

Sur le buffet du petit-déjeuner, les petits pots de confiture à l'abricot ou à la fraise ont laissé la place à de grands récipients de confiture de figue ou de clémentine corses. "Je propose également de la coppa et de la saucisse corse, des canistrelli, des cakes à la châtaigne…", énumère Virginie Fiori-Mei, directrice de la résidence Suite Home à Porticcio. Comme une vingtaine d'hôteliers corses, elle s'est engagée dans le programme Rispettu ("respect" en langue corse), initié par l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) de Corse, dont l'objectif est de convertir les hôteliers à des pratiques plus respectueuses de l'environnement et mettant en valeur les savoir-faire locaux.

30 % de déchets en moins

"On a senti qu'il ne fallait pas laisser passer ce train-là, explique Bernard Giudicelli, président de l'Umih Corse. L'impact du séjour sur l'environnement devient un critère dans le choix d'une destination pour un nombre croissant de touristes." Dix établissements insulaires ont accepté d'être pilotes de l'expérience : des résidences de tourisme, des hôtels-clubs mais aussi des hôtels de luxe comme La Signoria, à Calvi. Avec ses 5 étoiles, l'établissement avait pour challenge de faire rimer luxe et sobriété : "Ce n'est pas du tout incompatible, estime Jean-Baptiste Ceccaldi, directeur de la Signoria. Le luxe, c'est l'espace, la nature, le bien-être. On est en plein dans cette philosophie quand on prend ce genre de mesures".

Depuis mars 2016, l'hôtel a ainsi réduit sa quantité de déchets de 30 % grâce au compostage des restes de cuisine, à l'achat en vrac des produits d'entretien et à des produits d'accueil (gel douche, shampooing,...) commandés à un fournisseur local et donc beaucoup moins emballés que les produits importés. Les serviettes et le linge ne sont plus lavés que tous les deux jours, sauf en cas de demande expresse du client. Une économie d'eau et d'énergie mais aussi de matières premières : "Moins lavé, le linge s'use moins vite : on économise 600 serviettes et 1000 draps par an", ajoute Jean-Baptiste Ceccaldi.

Sensibiliser la clientèle

En moyenne, les établissements pilotes ont ainsi réalisé, sur un an, une économie de 2,3 kilos de CO2 , 55,4 litres d'eau et 33,6 grammes de déchets par nuitée. Sur une saison complète, cela représente, pour les dix établissement cumulés, l'équivalent de 825 tonnes de CO2 et 119 tonnes de déchets. Et une économie financière non négligeable : 83 centimes par nuitée en moyenne.

A Porticcio, Virginie Fiori-Mei estime que lorsque toutes les mesures seront mises en place dans sa résidence, elle réalisera une économie de 3 euros par nuitée. Tout en permettant à l'économie locale de mieux se porter : "Même si l'on paye les petits fournisseurs un peu plus cher que des grossistes, on ne perd pas d'argent car on pérennise son activité", note Bernard Giudicelli. Dans la résidence Suite Home, le nombre de clients prenant le petit-déjeuner a augmenté de 30 % depuis la mise en place du buffet local et écologique. Virginie Fiori-Mei est convaincue qu'elle a fait le bon choix : "La saison prochaine, on va davantage parler de notre démarche environnementale aux clients. Pour que petit à petit les mentalités changent".