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Des maillots de bain fabriqués avec des filets de pêche ? Incroyable mais vrai !

Short de bain recyclé.
©Hopaal

Circuits courts et recyclage : la marque de vêtements Hopaal s'inscrit dans une démarche pour le moins écoresponsable...

Hopaal propose à ses clients des habits confectionnés à partir de matières textiles ou plastiques collectées, recyclées puis transformées localement. ID s'est entretenu avec Clément Maulave, co-fondateur et président d’Hopaal.

Pouvez-vous nous présenter la marque Hopaal ?

Il s’agit d’une marque de vêtements recyclés, dont la création a un faible impact environnemental. Nous cherchons également à avoir un impact social, en favorisant la fabrication locale de vêtements. Nous tentons de répondre à différents enjeux : l'enjeu de transparence, l'enjeu environnemental et l'enjeu social. Ils sont pris en compte à chaque étape de fabrication : le packaging, le sourcing, l’approvisionnement des matières, la confection, le travail que nous menons avec des entreprises et des ateliers de réinsertion, etc. Puis, nous établissons une relation avec nos clients pour mener un travail de sensibilisation. Il n’y a que le co-fondateur Mathieu et moi qui gérons le capital d’Hopaal : nous voulons garder une certaine indépendance et une liberté concernant nos choix sociaux et environnementaux, sans contrainte économique. 

Comment sont fabriqués vos vêtements ?

Notre but est d’utiliser des matières déjà disponibles. Aujourd’hui, la plupart des vêtements sont faits en matières vierges comme le coton ou la laine de mouton, ainsi que des matières synthétiques comme le polyester. De notre côté, nous identifions des gisements de matières, des anciens vêtements ou bien des déchets, et nous travaillons avec des collecteurs et des recycleurs, qui transforment les déchets en une matière propre à l’usage que l’on veut en faire. Elles sont alors transformées en fil, puis en tissu, puis en vêtements. Ainsi, nous donnons une seconde vie à ces déchets, qui représentent pour nous une matière première. 

Où trouve-t-on ces gisements de matière ?

Cela dépend, chaque produit a une histoire particulière. Nous transformons notamment des anciens vêtements, collectés dans des bennes "Le Relais". Nous avons également fabriqué des maillots de bain à partir de filets de pêche et de bouteilles en plastique, collectée sur la côte Nord de l’Espagne. Notre périmètre d’action n’est pas restreint à la France car l’entreprise se situe à Biarritz, non loin de la frontière.  

Où collectez-vous précisément ces filets de pêche et ces bouteilles ?

Des bennes sont installées dans certains ports espagnols : les pêcheurs peuvent y jeter les déchets qu’ils collectent en mer, mais aussi leurs filets de pêche usés. Ils reçoivent une petite rémunération en échange de ce qu’ils ont collecté. 

Comment transformez-vous ces déchets en maillot de bain ?

Après l’étape de collecte, il y a la caractérisation, qui permet d’identifier le type de plastique. Nous effectuons ensuite une étape d’extrusion : ces plastiques sont transformés en granulés, que l’on fait ensuite fondre jusqu’à en faire des fils. Ils sont ensuite assemblés entre eux pour créer un tissu, que l’on découpera pour en faire des maillots de bain.

Pouvez-vous prouver qu'Hopaal a un impact environnemental moindre, comparé aux marques utilisant des matières vierges ?

Le recyclage est la meilleure solution. Si l’upcycling consiste à transformer un déchet tel qu’il est, le recyclage lui, transforme ce déchet pour le ramener à son état initial. Ensuite, le processus inverse est effectué. Nous n’avons pas fait d’analyse complète du cycle de vie de nos produits, mais les personnes avec qui l’on travaille l’ont effectué concernant leurs étapes propres ; la collecte et le recyclage. Nous mettons ensuite ces résultats bout à bout pour connaître l’impact environnemental de nos habits. Résultat ? L’impact environnemental d’un fil recyclé est entre 70 % et 80 % moins nocif qu’un fil conventionnel. Par contre, nous n’arrivons pas vraiment à réduire l’impact environnemental généré lors de l’étape de confection. Mais nous limitons le transport entre chaque étape et la confection s’effectue localement. 

Hopaal en quelques chiffres : 

  • Créé en 2016 (activité lancée en 2017)
  • 2019 : 6 employés (stylisme, modélisme, production, communication, web et service client).  
  • Entre 7 et 10 tonnes de déchets recyclés depuis 2017
  • Une communauté rassemblant entre 60 000 et 70 000 personnes
  • Chiffre d’affaire : multiplié par deux chaque année (en 2017 il correspondait à 300 000 euros)

Retrouvez la chronique du Social Lab sur France Inter en cliquant ici