CHRONIQUE

Dans le rétro : zoom sur l'époque où la "slow fashion" allait de soi !

©Lea Rae/Shutterstock

Chaque samedi à 9h, tout l'été sur France Inter, une personnalité engagée pour la transition écologique évoque son parcours, ses engagements et son quotidien, dans le cadre de l'émission "Des idées pour demain", présentée par Valère Corréard. Également au programme, une chronique "Dans le rétro" proposée par Camille Dufétel, rédactrice en chef d'ID. L'idée : jeter un coup d’œil sur les solutions d’hier... de retour aujourd'hui !

Samedi 24 août, l'invité de l'émission Des idées pour demain est le spécialiste du thème de l’effondrement Pablo Servigne. En sa présence, zoom sur l'art de s'habiller moins et mieux : une évidence autrefois, un "effort" parfois aujourd'hui. 

Même si on ne va pas forcément sauver la planète en s’habillant de manière plus durable, on est quand-même face à l’une des industries les plus polluantes au monde et on ne peut pas non plus rester les bras croisés face à tout cela. À votre avis, où ma grand-mère Solange allait-elle dégoter les vêtements de ses quatre enfants dans les années 1960 ? Une chose est sûre, pas dans les Zara, H&M et Mango actuels évidemment…

Ma grand-mère achetait du tissu et faisait faire certains vêtements par une couturière. La lingerie était faite sur mesure également, il n’y avait en fait que les vêtements ordinaires de tous les jours qui étaient achetés dans des petites boutiques ou chez des marchands ambulants. Il y avait aussi la vente sur catalogue avec "La Redoute" et "Les 3 Suisses" par exemple. On était loin des tee-shirts à moins de 10 euros fabriqués au Bangladesh…

On vit malheureusement aujourd'hui dans un modèle qui n'est plus tenable : au delà de la pollution avec les transports notamment, il y a entre autres le problème de l’eau qu’on utilise pour fabriquer ces vêtements... En moyenne, un jean se fabrique avec 7000 à 10 000 litres d'eau. Et puis on ne parle même pas des impacts sociaux et des conditions de travail parfois très dures des ouvriers qui fabriquent nos vêtements. Ce qui ne nous empêche pas d’acheter toujours plus, tout en ne portant qu’une petite partie de notre garde-robe…. Mais la bonne nouvelle dans tout ça, c’est que l'on commence un peu à en revenir...

S'habiller responsable et éthique, ça consiste en quoi ? 

À acheter D’ABORD moins, et ensuite mieux. Pour le "moins", c'est clair : il suffit de regarder tout ce que l'on a déjà dans son placard avant de céder à un achat impulsif et de se dire : ai-je vraiment besoin de ce nouveau jean alors que j’en ai déjà 10 ? Va-t-il réellement me rendre plus heureux ? Pour le "mieux", quand on a vraiment besoin d'un nouveau vêtement, ne faisons pas la grimace face à la seconde main pour faire marcher l’économie circulaire. Cela permet de ne pas encourager la surproduction et aussi tout simplement, de ne pas se ruiner. Direction les friperies ou les recycleries ! Et puis en ligne il existe de nombreuses plateformes spécialisées dans l’occasion qui se déploient, comme Vinted, Vide Dressing, Vestiaire Collective… 

Quand on a envie de se tourner malgré tout vers le neuf, on se tourne vers des vêtements fabriqués à partir de fibres naturelles, cultivées de manière biologique, qui comportent la certification GOTS par exemple, des vêtements sans substances potentiellement toxiques pour la santé, certifiés Oeko Tex… On surveille aussi l’Écolabel Européen par exemple… Et puis on repère également des marques s’engageant à utiliser des matières moins polluantes et qui respectent une certaine éthique comme Ekyog, Patagonia, Veja pour les baskets… Pour retrouver ces marques engagées, direction par exemple le carnet d’adresses de sloweare.com

Certes, cela coûte souvent un peu plus cher que d’aller dans des enseignes de fast fashion mais comme l’idée est d’acheter moins sur l’année, au final on peut tout à fait s’y retrouver et avoir une armoire qui n’étouffe pas et dans laquelle on retrouve des vêtements de qualité et plus respectueux de la planète.

Pablo Servigne répond aux questions de Valère Corréard sur France Inter.
©Antoine Vandeville / Radio France

Pour réécouter la chronique Dans le rétro et l'ensemble de l'émission Des idées pour demain, c'est par ici : 

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