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Crème solaire : le bio est-il la solution ?

©Olga Pink/Shutterstock

Les crèmes solaires bio ont déjà le mérite de nous épargner les ingrédients exclus par les cahiers des charges de la cosmétique certifiée bio. Elles comportent plus de naturel et plus de bio. Mais ont-elles toutes les qualités ?

Permettent-elles d’atténuer le bilan carbone de nos vacances ?

Non ! Le tourisme a de nombreux impacts sur la planète. Une étude parue en mai dernier estime que notre civilisation des vacances pèse pour 8 % dans les émissions globales de gaz à effet de serre. Donc, choisir une crème solaire bio, c’est bien, mais ça ne compensera ni les voyages en avion, ni les séjours dans des hôtels qui saccagent les côtes.

Quels filtres nous protègent du soleil en bio ?

Les cahiers des charges de la cosmétique bio excluent l’utilisation des filtres chimiques. On reproche à ces filtres chimiques de polluer l’environnement, d’être des allergènes et des perturbateurs endocriniens. Le bio leur préfère deux filtres minéraux qu’on trouve dans la nature : l’oxyde de zinc et le dioxyde de titane. Dans la liste des ingrédients, baptisée Inci, on les reconnaît sous les intitulés "Zinc Oxide" et "Titanium Dioxide".

Y a-t-il des nanoparticules dans les crèmes solaires bio ?

Oui ! Ces filtres minéraux ne sont pas problématiques pour la santé et l’environnement mais ils ont un défaut purement cosmétique : ils s’étalent difficilement sur la peau et ont un effet plâtreux peu saillant, à moins de vouloir se déguiser en cachet d’aspirine sur la plage. Pour remédier à cela, les laboratoires cosmétiques — y compris chez les marques certifiées bio — les réduisent depuis plusieurs années à l’état de nanoparticules : les filtres minéraux gardent ainsi leur efficacité mais s’étalent sans laisser de trace.

L’effet nocif des nanoparticules n’est pas précisément prouvé. On s’inquiète cependant du fait qu’elles puissent modifier nos cellules et avoir des conséquences sur les équilibres naturels une fois libérés dans l’environnement. Le SCCS, autorité scientifique européenne, a jugé dans un avis publié en janvier 2018, "sans danger dans le cadre d'un usage dans des produits cosmétiques ayant vocation à être appliqués directement sur une peau en bonne santé, intacte ou déjà abîmée par le soleil". Le SCCS recommande cependant d’éviter l’inhalation des nanoparticules. Exit donc les sprays solaires que l’on risque de respirer au passage.

Le label français Cosmébio a choisi d’autoriser les nanoparticules, tout en en limitant l’usage. Cosmébio exige aussi de ses membres qu’ils indiquent la présence des nano dans la liste des ingrédients.

Peut-on se protéger avec de simples huiles végétales ?

Certaines huiles végétales — jojoba, argan, beurre de karité… — agissent comme des filtres solaires. Attention, il s’agit d’une légère protection, un indice de l’ordre SPF 3 ou 4. Mais cela peut être suffisant pour les peaux naturellement hâlées. L’urucum peut aussi être une solution pour se protéger très simplement. La marque Guayapi, qui distribue en France des produits issus de plantes amazoniennes, propose une huile solaire à base d’huile de coco et d’urucum. "Lorsque les portugais sont arrivés sur le territoire brésilien et ont pénétré l’Amazonie, raconte-t-on chez Guayapi, ils ont constaté que les indiens étaient enduits d’une poudre rouge afin de se protéger du soleil et des moustiques ! Il s’agissait en fait de l’Urucum. La dénomination par les portugais “les Peaux Rouges” est issue de cette rencontre." Une huile pour jouer aux indiens sur la plage.