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Covoiturage, scooters électriques, trottinettes... La pénurie de carburants fait la part belle aux mobilités durables 

La grève dans les raffineries françaises provoque des pénuries de carburants.
©GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Les différents mouvements de grève, dans les raffineries ces dernières semaines et les transports en commun plus récemment, mettent à mal les déplacements quotidiens des Français. Pour y remédier, nombre d’entre eux se tournent, faute de mieux, vers des solutions de mobilité plus douce.  

Les entreprises de covoiturage, scooters électriques ou encore trottinettes en libre-service font le plein ces derniers jours. Faute de carburant disponible, les Français cherchent des alternatives et tous ces services enregistrent de fortes hausses de fréquentation depuis le début du mouvement de grève touchant les compagnies pétrolières. Depuis trois semaines, les salariés de TotalEnergies et ExxonMobil réclament des augmentations de salaires au moyen de blocage des raffineries du pays. Conséquence : des pénuries de carburant sont constatées sur une large partie du territoire. Si la situation tend à s’améliorer ces derniers jours, le 19 octobre en début d'après-midi, "20,3 % des stations-service" du pays étaient encore "en difficulté", d’après les chiffres communiqués par le gouvernement.

Face à la galère à la pompe, les usagers s’organisent dans un contexte largement favorable aux solutions dites de mobilités durables. À commencer par le covoiturage, en témoigne la croissance enregistrée ces derniers jours par le géant du secteur BlaBlaCar, assurant avoir constaté une hausse de "25 % la semaine dernière des recherches" dédiées aux trajets du quotidien domicile-travail. Une situation également accentuée par un autre mouvement de grève, celui-ci interprofessionnel, lancé mardi 18 octobre et gagnant également les réseaux de transports en commun. La veille, BlaBlaCar notait alors une hausse de 30 % des recherches via son application. "Par le passé, le covoiturage s’est déjà révélé être une solution efficace face aux perturbations dans les transports", rappelle Adrien Tahon, Directeur France de l’entreprise.  

Solution qui présente également l’avantage de soulager le trafic routier et la pollution qui en découle. D’après l’Agence de la transition énergétique (ADEME), les transports, tout mode confondu, constituent la première source d’émissions de gaz à effet de serre du pays. En outre, 95 % de celles-ci sont liées à l’affluence sur les routes, dont 56 %… aux voitures. Si ces dernières sont plus polluantes que tous les autres moyens de transport réunis, une étude parue au mois de septembre dernier par le gestionnaire d’autoroutes Vinci, faisait en outre état de l’important taux d’autosolisme quotidien : d’après les calculs, 85 % des conducteurs roulent seuls dans leur voiture le matin.

Développer le covoiturage apparaît alors comme une solution de choix pour y remédier, d’autant qu’elle présente plusieurs atouts : écologique, sanitaire  - alors que la pollution est responsable de quelque 9 millions de décès prématurés dans le monde -, mais également économique. D’après BlaBlaCar, les conducteurs économiseraient en moyenne 4 euros par trajet covoituré.

Des alternatives électriques 

Autre option plébiscitée par les Français en mal d’essence, les véhicules en libre-service tels que les vélos, les trottinettes ou encore les scooters électriques. "Nous constatons effectivement une hausse notable des usages par rapport à la période où il n’y avait pas de problème d’approvisionnement dans les stations-service, note par exemple l’entreprise de trottinettes et vélos électriques Lime. D’ailleurs, le constat est le même lorsque les transports publics connaissent des difficultés comme c’est le cas lors des périodes de grève". En chiffre, ce regain d’intérêt se traduit par une augmentation de 18 % de nouveaux usagers entre le 5 et le 16 octobre, par rapport aux deux semaines précédentes. Même son de cloche chez Cityscoot, spécialisée dans la location de scooters électriques en libre-service, qui a constaté sur la journée du 11 octobre une hausse de 20 % des trajets.  

Difficile retour à la normale

Outre ces dernières semaines de pénurie, ce type de solutions tend quoiqu’il en soit à se développer depuis plusieurs années. Les vélos, trottinettes, scooters ou encore voitures électriques en "free floating" fleurissent en ville. Quant à l’option covoiturage, elle a également le vent en poupe et convainc de nouveaux adeptes régulièrement. À l’échelle nationale, BlaBlaCar jouit d’ailleurs d’un million de nouveaux membres inscrits "depuis que le prix du carburant a commencé à fortement augmenter il y a un an".  

Malgré un accord conclu entre pétroliers et syndicats, des blocages levés dans plusieurs raffineries du pays, ainsi que les récentes réquisitions de personnel lancées par Matignon, les difficultés d’approvisionnement à la pompe se font toujours sensiblement sentir. Dimanche dernier, Emmanuel Macron avait prédit un retour à la normale "dans le courant de la semaine qui vient". Pourtant ce vendredi, la gronde se poursuit tandis que les Français s'apprêtent à prendre la route des vacances de la Toussaint. 

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