"Éco-responsable", "vert", "bon pour la planète"… Ces expressions se sont largement installées sur les emballages et dans la communication des marques de cosmétiques. À partir du 27 septembre 2026, leur utilisation va toutefois devenir plus délicate. C’est à cette date que commenceront à s’appliquer les nouvelles règles issues de la directive européenne EmpCo, adoptée en 2024 pour mieux protéger les consommateurs contre les pratiques commerciales trompeuses liées à l’environnement.
Pour le secteur cosmétique, le changement devrait d’abord être visible dans les mots employés. Les grandes promesses environnementales, lorsqu’elles ne permettent pas de savoir précisément ce qui les justifie, seront davantage encadrées. Une marque aura ainsi tout intérêt à parler d’un "flacon composé à 70 % de plastique recyclé" ou d’une formule comprenant "98 % d’ingrédients d’origine naturelle" plutôt que de présenter globalement son produit comme "respectueux de la planète".
L’enjeu est de faire correspondre la portée du message à la réalité du bénéfice mis en avant. Une amélioration concernant uniquement l’emballage, par exemple, ne pourra pas servir à donner une image écologique à l’ensemble du cosmétique. Et cette vigilance dépassera largement les rayons : sites internet, publicités ou encore réseaux sociaux sont également concernés par les communications environnementales destinées aux consommateurs.
Des labels également dans le viseur
Les logos verts apposés sur les produits vont eux aussi devoir apporter davantage de garanties. EmpCo interdit notamment les labels de durabilité qui ne reposent ni sur un système de certification ni sur une autorité publique. Les marques ne pourront donc plus créer librement leur propre signe distinctif et lui donner l’apparence d’un label environnemental sans dispositif solide pour l’étayer.
Cette évolution pourrait, à l’inverse, renforcer la place des certifications fondées sur un référentiel défini et des contrôles indépendants. Être certifié ne permettra toutefois pas à une marque de multiplier librement les arguments écologiques : un label ne garantit que les caractéristiques comprises dans son propre référentiel. Toute autre promesse devra être justifiée séparément.
EmpCo ne signe donc pas la fin de la communication environnementale dans les cosmétiques. Elle en modifie plutôt la logique : moins de grandes déclarations difficiles à cerner, davantage d’informations précises et démontrables. À partir du 27 septembre, pour se présenter comme plus vert, il faudra surtout être capable de dire pourquoi.