Cet été, les fruits et légumes "moches" se font une place de choix dans les rayons. En cause : la sécheresse et les fortes chaleurs, qui ont laissé des traces sur les récoltes françaises. Pommes décolorées, salades plus petites, tomates ou courgettes griffées… des défauts esthétiques qui n’altèrent pas pour autant la qualité des produits.
Le phénomène a pris une ampleur particulière cette année. "Ce n’est plus 10-15 % de la production, ça peut parfois être 70 %", explique à l’AFP Nicolas Chabanne, fondateur du label "Les Gueules Cassées", qui valorise depuis 2014 les produits habituellement écartés en raison de leur apparence.
Des critères assouplis dans les rayons
Face à ces récoltes dégradées, plusieurs enseignes de la grande distribution ont décidé d’assouplir leurs exigences. E.Leclerc, Coopérative U, Carrefour ou encore Casino se sont notamment engagés à être plus tolérants sur le calibre et l’aspect des fruits et légumes, afin d’éviter qu’une partie de la production ne soit écartée.
Une démarche qui n’est pas totalement nouvelle. Dès 2014, Intermarché avait lancé une opération autour des "fruits et légumes moches", vendus 30 % moins cher que leurs équivalents répondant aux standards habituels. Douze ans plus tard, les aléas climatiques pourraient bien contribuer à rendre ces produits imparfaits beaucoup plus courants dans les rayons.