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Besançon : une taxe au poids pour réduire les déchets à la source

©CCAGB

A Besançon, avec la Redevance Incitative pour l'élimination des ordures ménagères, moins on produit de déchets, moins on paye !

Sur le modèle du « pollueur, payeur », la Communauté de Communes du Grand Besançon, souvent citée comme modèle sur la question de la gestion des déchets, joue la carte de la redevance incitative pour l’élimination des ordures ménagères. Calculée au poids et/ou à la levée, elle vise à encourager les bonnes pratiques de tri et la réduction des déchets en responsabilisant les usagers.

La redevance incitative, c'est quoi ?

 « Chacun des 43 000 bacs gris des 70 communes est équipé d'une puce électronique qui permet d'identifier le titulaire du contrat. Lors de la collecte, les informations de poids et de levée sont enregistrées par le système électronique embarqué de chaque benne, puis centralisées dans un logiciel maison. In fine, chaque ménage paye en fonction de sa réelle utilisation du service », explique Marie-Laure Journet-Bisiaux, responsable de la Direction de la Gestion des Déchets du Grand Besançon. Un investissement de 3,5 millions d'euros, subventionné à hauteur de 2,6 millions d'euros par l'ADEME mais qui, selon le Grand Besançon, n'impacterait chaque habitant « qu'à hauteur de 1 euro par an ».

Une baisse de 30 % du tonnage des déchets résiduels

Le bilan ? Depuis le lancement, en 2008, le poids des déchets résiduels a baissé de 30 %, passant de 40 000 à 28 000 tonnes, soit 70 kilos de moins par an et par habitant ! Concrètement, un habitant du grand Besançon en produit 157 kg/an, alors que la moyenne française est de 288 kg/an. Autre point positif, les usagers triant mieux, la collecte sélective (bac jaune) atteint 64 kg/an et par habitant, contre 48 au niveau national. Ces résultats « encourageants, mais qui peuvent encore être améliorés, notamment en habitat collectif », selon le Grand Besançon, « ont permis d’éviter la construction d’un nouveau four d’incinération qui aurait significativement augmenté la redevance versée par les ménages ».

Le bilan de la redevance incitative à Besançon, c'est 70 kg de déchets en moins par an et par habitant.

Jusqu'à 200 euros d'économie par an

Côté usagers justement, la facture baisse-t-elle ? « Oui, le lien est direct, si vous produisez moins de déchets, vous payez moins », confirme Madame Journet-Bisiaux. « En 4 ans, la facture annuelle moyenne a baissé de 4 euros, malgré la forte inflation. » Et cela peut aller beaucoup plus loin, en mettant ses déchets au régime sec. La redevance est constituée d'une part abonnement, fixe, fonction du volume du bac et d'une part variable, calculée selon le poids (0,283 €/kg) et la levée (2,02 €). Ainsi, un bisontin qui présente sa poubelle à la levée une fois par mois au lieu de 2 et passe d'un bac de 120 à 60 litres, peut réaliser 200 € d'économie par an ! De quoi motiver les usagers, qui peuvent suivre leur production de déchets en temps réel ou changer de bac en quelques clics.

Des astuces pour diminuer le poids de ses déchets

« Depuis la mise en place de la redevance incitative, on essaie de réduire au maximum nos déchets », expliquent Sébastien et Géraldine, parents de deux enfants et habitants de la petite commune rurale de Chenecey Buillon. « On fait beaucoup plus attention au tri sélectif et toutes nos épluchures et restes de repas ne sont plus destinés au bac gris (ndrl - bac d'ordures ménagères), mais servent à nourrir les poules de nos voisins ! Ça n'a l'air de rien, mais grâce à ce simple geste, on est passé de 52 à 14 levées par an et en plus, les enfants apprennent les bons gestes tout en s'amusant ! »

« Le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas »

D'autres vont encore plus loin, à l'image de Marie-Claude et Léon, retraités et habitants de Beure, commune limitrophe de Besançon. Derrière le « Stop pub » collé sur leur boîte aux lettres, se cache un véritable mode de vie anti-gaspillage : « Pour nous, produire moins de déchets, c'est d'abord faire attention à la façon dont nous consommons. Et ça commence par acheter uniquement ce dont nous avons besoin et au maximum des produits sans emballage. Nous achetons en vrac (céréales, gâteaux, fromage et viande à la coupe...) et à défaut, nous privilégions les emballages biodégradables. »

Ils possèdent également un compost pour tous leurs déchets alimentaires qu'ils réutilisent ensuite pour booster les récoltes de leur potager. « Au final », sourit Marie-Claude, « dans notre bac gris, il n'y a que très peu de choses, sauf : les épluchures d'agrumes, les noyaux et tout ce qui ne se dégrade que très lentement dans le compost. » Résultat, pour eux, « une levée toutes les 6 à 7 semaines est largement suffisante ». Et vous, combien de temps vous faut-il pour remplir votre poubelle d’ordures ménagères ?

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