La fin du mois de février a des airs de printemps. Les bourgeons des arbres et les premières fleurs sont déjà visibles.
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Climat

Printemps précoce : est-ce mauvais pour les végétaux ?

En cette fin février, les arbres bourgeonnent déjà et les premières fleurs éclosent, sous l’effet de la brusque hausse des températures. Ce redoux précoce laisse présager un printemps en avance. Mais ce décalage du calendrier végétal pourrait-il fragiliser le développement des plantes ?

Après les fortes pluies qui se sont abattues sur le pays, la France fait face à un redoux exceptionnel. 20,1 °C en Ille-et-Vilaine, 23,2 °C dans le Calvados, 29,5 °C dans les Pyrénées-Atlantiques… La fin du mois de février a des airs de printemps. "Les écarts avec les températures moyennes sont tout à fait exceptionnels", affirme Bénédicte Wenden, chargée de recherche dans l'unité Biologie et pathologie de l'Inrae. 

"C'est ce qu’on appelle un faux printemps, avec une montée des températures très tôt dans l’hiver. Il a fait très froid en janvier, suivi d’une montée des températures soudaine ; les plantes y reconnaissent un changement de saison", poursuit-elle dans les colonnes de Ouest-France. Face à ces températures atypiques, les plantes ont donc démarré leur floraison. 

Risque d'exposition au gel

Ce "faux printemps" déclenche donc une reprise précoce de l'activité biologique des plantes. Si cette nouvelle peut sembler réjouissante avec l'arrivée de jolies fleurs, il ne faut pas s'en émerveiller. Au contraire, puisque le risque de gel reste bien présent et les plantes y sont particulièrement sensibles après la floraison. Ironiquement, les gelées tardives sont devenues plus fréquentes ces dernières années malgré le réchauffement climatique. 

“Plus la végétation est en avance, plus le fruit est formé tôt, plus on est sensible", explique David, producteur de pommes et de poires au micro de RMC. Les arboriculteurs redoutent que les fleurs brûlent sous l'effet du froid ou bien que les giboulées de mars soient dévastatrices. Les années 2020 et 2021 ont par exemple été particulièrement ravageuses pour les arbres fruitiers avec le retour du gel en avril.

S'adapter à un nouveau climat

Face au risque de voir leurs cultures décimées, les agriculteurs doivent s'adapter avec des dispositifs antigel. On retrouve par exemple de grandes rangées de bougies dans certaines vignes ou encore des machines à fumée comme en Corrèze. "Le but c'est que la fumée reste sur le sol et protège par un gros brouillard épais le végétal", décrit un arboriculteur à nos confrères de Franceinfo.

Un dispositif qui a un certain coût : 30 000 euros. "C'est le prix [pour] sauver une récolte. Il vaut mieux investir que de se retrouver avec une grosse perte de récolte", estime l'arboriculteur. Si un tel investissement est nécessaire, c'est parce que le changement climatique a déjà des conséquences en France. La culture de la vigne remonte vers le nord et les agriculteurs doivent continuellement s'adapter à un climat qui évolue.