Les déplacements restent le principal défi climatique de la Fédération française de football.
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Climat

Football : Zinédine Zidane relance la question de l’impact carbone des Bleus et de la FFF

Interrogé ce dimanche 27 septembre sur les incendies estivaux et l'impact écologique du football, Zinédine Zidane a écarté l'idée de revoir le calendrier ou les déplacements des équipes. Une prise de position qui remet en lumière l'empreinte environnementale des Bleus et de la Fédération.

Interpellé à Bruxelles par un journaliste du média Reporterre sur l'opportunité d'adapter les pratiques du football face au réchauffement climatique, Zinedine Zidane s'est montré réservé : « Non, je ne pense pas qu’il faille rentrer là-dedans [...]. On va, nous, essayer de continuer à faire ce qu’on fait. »

Zidane a également espéré que ces événements ne se reproduisent pas : « J’espère qu’il n’y aura plus toutes ces catastrophes. C’est ce qu’on souhaite. »

Pourtant, le poids environnemental des rassemblements sportifs de cette ampleur est loin d'être négligeable.

L'impact d'un match des Bleus

Selon une étude du Shift Project, un match de l'équipe de France émet en moyenne 20 fois plus de gaz à effet de serre (GES) qu'une rencontre classique de Ligue 1. La cause principale : l'éloignement et les longues distances parcourues par les supporters pour rejoindre le stade.

D'après les données de la Fédération française de football (FFF), l'impact d'un spectateur assistant à un match de l'équipe de France au Stade de France s'élève à 13 kg de CO₂e, soit l’équivalent de l’empreinte de 500 g de viande bovine. À titre de comparaison, un supporter qui suit la même rencontre depuis son téléviseur émet 0,1 kg de CO₂e.

Si les matchs des Bleus constituent la vitrine de cet impact, ils ne représentent qu’une fraction du bilan global de la Fédération. 

1,2 million de tonnes de CO2e pour la FFF

À l’échelle de la Fédération française de football dans son ensemble, le bilan carbone a atteint 1,2 million de tCO2e durant la saison 2022-2023, selon le bilan officiel de la FFF. Les déplacements des joueurs, des staffs, des organisateurs et des spectateurs sont la première source d’émissions carbone. 

La FFF contrôle directement une petite partie de ses émissions : 20 % des activités sont gérées par l’organisme, tandis que 80 % des émissions proviennent d’éléments externes comme les déplacements des supporters, des licenciés et des partenaires. 

Covoiturage et sensibilisation : les leviers de la FFF

Face à ce bilan, la FFF identifie plusieurs leviers pour réduire son empreinte environnementale, notamment sur la question des déplacements. L’instance travaille notamment à favoriser le covoiturage et le recours à des mobilités moins émettrices.

L'instance mise également sur le déploiement de véhicules électriques et l'installation de bornes de recharge sur ses sites.

L’ambition globale de la FFF est d’embarquer l’ensemble du football amateur et professionnel dans cette transition. La Fédération s’est notamment fixé l’objectif de sensibiliser 75 % de ses pratiquants aux enjeux climatiques et comportementaux, et 100 % des jeunes licenciés engagés dans le Plan éducatif fédéral aux questions environnementales.

Ces initiatives montrent une prise de conscience progressive, mais le chantier reste immense. Alors que les événements climatiques extrêmes se multiplient, le monde du football oscille encore entre volonté de poursuivre ses activités habituelles, comme le résumait Zinedine Zidane, et nécessité de transformer en profondeur ses modes de déplacement.