Les équipes d’Arcadie portent au quotidien une vision de l’entreprise fondée sur la coopération, l’engagement et l’expérimentation de nouveaux modèles.
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INFO PARTENAIRE

Et si l’entreprise devenait un laboratoire de la transition ? Le pari d’Arcadie

Depuis sa création en 1990, Arcadie cherche à faire de l’activité économique un levier de transformation écologique et sociale. L’entreprise gardoise, connue pour ses marques bio Cook et L’Herbier, expérimente un modèle fondé sur le commerce équitable, la gouvernance collective et l’innovation environnementale. Son récent passage en Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) vient prolonger une conviction : l’entreprise peut être un outil au service d’un projet de société. 

Lorsqu’ils créent Arcadie en 1990, les parents de Matthieu Brunet ne cherchent pas seulement à développer une activité économique. Leur ambition est aussi de trouver un autre terrain d’action pour répondre aux enjeux de leur époque. 

“Ils avaient cette frustration dans les années 1970 du militantisme qui n’avait pas véritablement porté ses fruits. Ils avaient beau militer contre les centrales nucléaires, faire de grandes manifestations contre Fessenheim, finalement tout cela s’est quand même passé”, raconte Matthieu Brunet, président du conseil d’administration d’Arcadie. 

Face à ce constat, une autre idée émerge : celle que l’entreprise peut devenir un espace d’expérimentation. 

“Ils se sont dit : c’est peut-être dans l’activité économique qu’on peut faire vraiment la différence”, poursuit-il. 

Plus de trente ans plus tard, Arcadie compte une centaine de salariés, réalise environ 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et commercialise plus de 350 références de plantes aromatiques, médicinales et d’épices biologiques. Mais pour l’entreprise, le bio n’est qu’un point de départ. 

“Nous avons toujours eu à cœur d’être cohérents dans notre responsabilité d’entreprise et dans notre rôle dans le monde”, explique Matthieu Brunet. 

Avant, le commerce équitable était souvent vu comme un produit qui était certifié. Nous, on a voulu dire que ce qui est équitable, ce sont les relations entre les personnes, pas le produit en lui-même.” 

-Matthieu Brunet

Du produit bio à la transformation des filières 

Depuis son origine, Arcadie travaille en agriculture biologique. Mais l’entreprise a progressivement élargi son approche en intégrant une réflexion sur l’ensemble de son impact : conditions de production, relations commerciales, gouvernance interne et empreinte environnementale. 

Le commerce équitable occupe une place centrale dans cette démarche, notamment pour les épices importées de pays comme Madagascar. Arcadie est impliqué depuis plus de 20 ans dans le label Biopartenaire, avec une approche qui dépasse la simple certification d’un produit. 

À Madagascar, certains partenariats équitables dans lesquels Arcadie est impliquée évoluent vers de véritables projets de territoire.
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“Avant, le commerce équitable était souvent vu comme un produit qui était certifié. Nous, on a voulu dire que ce qui est équitable, ce sont les relations entre les personnes, pas le produit en lui-même”, détaille Matthieu Brunet. 

Cette philosophie implique de suivre l’ensemble de la filière : producteurs, transformateurs, distributeurs et entreprise acheteuse. Les pratiques commerciales, les engagements pris et la construction des prix sont ainsi évalués. 

Arcadie va encore plus loin en calculant les coûts de production pour chacun de ses partenariats agricoles. L’objectif : mieux rémunérer le travail réellement nécessaire à la culture des plantes et des épices. 

“On ne veut pas simplement ajouter une prime en disant : “on vous met 10 % de plus parce que c’est du commerce équitable”. L’objectif est de payer correctement, équitablement, pour le temps nécessaire”, précise-t-il. 

L’entreprise reverse aussi une partie du chiffre d’affaires réalisé avec les filières labellisées à des fonds de développement gérés directement par les producteurs. 

“Ce n’est pas une organisation extérieure qui leur impose des actions ou fait à leur place. Ils établissent eux-mêmes leur propre association pour administrer ce fonds et créer des actions qui leur correspondent”, souligne le dirigeant. 

Expérimenter des solutions qui semblaient impossibles 

Pour Matthieu Brunet, une entreprise engagée ne doit pas seulement limiter ses impacts : elle doit aussi utiliser sa capacité d’action pour accélérer des transformations. 

C’est dans cet esprit qu’Arcadie a participé à la création de Windcoop, une compagnie de transport maritime à la voile, qui développe un porte-conteneurs à voile destiné au transport de marchandises depuis Madagascar. 

Avec Miaraka, le 1er voilier porte-conteneurs de Windcoop, Arcadie acheminera près de 80% de ses épices Cook depuis Madagascar.
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Un projet qui peut sembler éloigné du métier historique d’une entreprise de plantes aromatiques et d’épices, mais qui illustre une même logique : chercher des alternatives aux modèles existants. 

“On essaye toujours d’avoir plus d’impact que simplement pour notre entreprise. On essaye de transformer notre écosystème en expérimentant des choses qui n’ont jamais été faites”, explique Matthieu Brunet. 

Pour lui, l’entreprise offre une capacité d’action particulière : “Si j’avais été tout seul, bien sûr que ça n’aurait jamais existé. Mais là, j’ai une entreprise derrière moi et je peux dire : cette idée est bonne, on y va, on le fait.” 

La SCIC, une nouvelle étape pour protéger le projet 

Cette volonté de faire de l’entreprise un outil collectif trouve aujourd’hui un prolongement avec le passage d’Arcadie en Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC), effectif depuis janvier 2026 après un vote lors d’une assemblée générale extraordinaire organisée en décembre 2025. 

Un vote historique pour Arcadie : la transformation en SCIC, votée le 12 décembre 2025.
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L’entreprise est maintenant au service de son projet et de ses valeurs, et elle ne pourra plus être rachetée ou revendue."

-Matthieu Brunet

Ce statut permet d’associer différentes parties prenantes autour du projet de l’entreprise : salariés, producteurs, clients et partenaires. Il offre également des garanties solides quant à la pérennité du projet de l’entreprise. Une évolution qui répond à une question essentielle pour Arcadie : comment préserver une vision sur le long terme ? 

“L’entreprise appartenant à elle-même, une prochaine génération de dirigeants pourra venir sans avoir besoin de la racheter”, explique Matthieu Brunet. 

Pour lui, cette transformation permet de sortir d’une logique où la valeur créée finit nécessairement par être captée par des intérêts extérieurs. 

“L’entreprise est maintenant au service de son projet et de ses valeurs, et elle ne pourra plus être rachetée ou revendue”, affirme-t-il. 

La SCIC devient ainsi une manière d’inscrire dans la durée une certaine conception de l’entreprise : non pas uniquement comme un outil financier, mais comme un collectif réunissant plusieurs acteurs autour d’un objectif commun. 

Une autre manière de penser la réussite économique 

Cette vision implique aussi de revoir le rapport entre rentabilité et finalité de l’entreprise. 

Pour Arcadie, gagner de l’argent reste indispensable, mais la question est de savoir à quoi sert cette richesse créée. 

“Une entreprise a besoin de gagner de l’argent, mais elle a besoin de gagner de l’argent pour elle, pas pour les actionnaires. Et c’est ça qui change tout”, estime Matthieu Brunet. 

Le nouveau bâtiment d'Arcadie a relevé des défis environnementaux inédits pour un bâtiment industriel, comme des murs en caissons terre/paille.
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Arcadie fait ainsi le choix de conserver une grande partie de ses résultats pour financer ses projets, tout en limitant l’écart entre les rémunérations. Chez Arcadie, l’échelle salariale est comprise entre un et trois. 

“Je ne vois pas ce que les gens font avec dix, cent ou mille fois plus d’argent. Cet argent, je préfère l’investir dans une flotte de voiliers, dans des recherches sur d’autres méthodes culturales ou dans d’autres projets qui ont du sens”, explique-t-il. 

Une approche qui repose aussi sur une conviction : les consommateurs peuvent accepter de payer davantage lorsqu’ils comprennent ce que finance leur achat. 

“Vous n’achetez pas seulement de la nourriture, vous achetez un projet de société”, résume Matthieu Brunet. 

L’entreprise comme école de la démocratie 

Au-delà des enjeux environnementaux, Arcadie défend également une vision sociale de l’entreprise. Depuis plusieurs années, la communauté des salarié·es fonctionne notamment avec un modèle de gouvernance nommé holacratie, qui donne davantage d’autonomie aux salariés. 

C’est fondamental que les entreprises créent des espaces sécurisés où les gens peuvent se développer."

-Matthieu Brunet

Pour Matthieu Brunet, cette autonomie dépasse le simple cadre professionnel. Il cite notamment des travaux de recherche sur les liens entre conditions de travail, participation et comportements démocratiques. 

“Le gros de notre temps, on le passe au travail. Donc les moments où on est frustré, où on a l’impression de ne pas être respecté, c’est quand même principalement au travail”, analyse-t-il. 

Via ses épices, plantes aromatiques & médicinales, Arcadie cherche à améliorer le monde en traçant de nouvelles voies.
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L’entreprise aurait ainsi un rôle à jouer dans la manière dont les citoyens vivent collectivement. 

“C’est fondamental que les entreprises créent des espaces sécurisés où les gens peuvent se développer”, estime-t-il. 

Pour Arcadie, l’entreprise peut devenir un espace où l’on apprend à coopérer, à décider ensemble et à imaginer d’autres modèles. 

“Une entreprise, ce n’est pas seulement métro, boulot, dodo. C’est un endroit où on peut vraiment faire des projets qui transforment le monde, qui nous rendent fiers vis-à-vis de nos collaborateurs, de nos enfants”, conclut Matthieu Brunet. 

Avec ses expérimentations, Arcadie ne prétend pas proposer une recette unique. Mais l’entreprise fait le pari qu’un autre modèle économique est possible : un modèle où la création de valeur ne se mesure pas seulement en résultats financiers, mais aussi en capacité à contribuer à une transition collective. 

En partenariat avec Arcadie.