Alors que Météo-France prévoit la poursuite de la canicule cette semaine, avec un risque d’aggravation dans certaines régions, la végétation souffre des fortes chaleurs.
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Climat

Canicule : comprendre l’"effet sèche-cheveux" qui assèche les sols et les plantes

Alors que Météo-France prévoit la poursuite de la canicule cette semaine, avec un risque d’aggravation dans certaines régions, la végétation souffre des fortes chaleurs. Les plantes pourraient être confrontées à un phénomène appelé "effet sèche-cheveux", provoqué par un air très chaud et sec. On vous en dit plus.

Avec les températures exceptionnelles qui touchent la France, les conséquences pourraient être importantes pour la végétation. Jardins, cultures et forêts risquent de subir ce que les spécialistes appellent un "effet sèche-cheveux". L’ingénieur agronome et docteur en agroclimatologie Serge Zaka a alerté samedi sur le risque de "HWFD" (Heat Wave Flash Drought), un phénomène également qualifié de sécheresse éclair. Selon lui, le Centre-Ouest du pays est particulièrement à risque.

Sous l'effet de la chaleur, les plantes  soumises au stress thermique

Ce phénomène est lié à plusieurs facteurs comme des températures très élevées, un air sec et parfois du vent, ainsi qu'un ensoleillement intense. Combinés ensemble, ils accélèrent l’évaporation de l’eau dans les sols et dans les plantes.

Sur le réseau social, X, Serge Zaka explique que c’est  la "conjonction rarissime de facteurs physiques" qui conduit à cet "effet sèche-cheveux".

Cela accélère "brutalement l’évapotranspiration et l’assèchement de la végétation". "Les plantes peuvent alors basculer en quelques heures d’un état de stress hydrique modéré à une situation critique, avec des chutes de feuilles massives observables à l’échelle de paysages entiers, parfois sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés ", relève-t-il.

Selon Gilles Matricon, météorologue sur le site, la chaîne météo, "sous l’effet de la chaleur, les sols perdent rapidement leur humidité. Les plantes, elles, transpirent davantage pour tenter de réguler leur température. Mais, lorsque l’air est trop chaud et trop sec, elles ne parviennent plus à compenser cette perte d’eau. Le vent accentue encore le phénomène en balayant l’humidité de surface, comme le ferait un sèche-cheveux".

Et les conséquences sont alors quasi immédiates : "Les effets sont visibles en quelques jours : les pelouses jaunissent, les herbes hautes se couchent et se dessèchent, les feuilles s’enroulent ou brunissent, tandis que les broussailles deviennent plus cassantes. Cette végétation asséchée devient alors beaucoup plus inflammable" alerte-t-il.

Le risque d’incendie aggravé

Ce phénomène augmente également le risque d’incendie. À mesure que la canicule s’installe, la végétation s’assèche davantage et ne parvient plus à se régénérer entre les épisodes de forte chaleur. Dans ces conditions, le moindre départ de feu peut se propager rapidement, d’autant que le vent alimente les flammes.

Le principal cas documenté en France est celui du 28 juin 2019 : des millions de plantes et d’arbres ont "perdu une partie de leur feuillage en quelques heures seulement sous l’effet de températures extrêmes, d’un air très sec et d’un vent desséchant", selon Serge Zaka qui évoque même "le seul cas aussi extrême documenté au monde".

On pourrait revivre ce phénomène dans les prochains jours. L’expert invite alors à photographier "chaque jour votre jardin, un arbre, une haie ou un paysage végétalisé depuis exactement le même point de vue, à partir d’aujourd’hui et pendant les dix prochains jours".