"Les conditions météorologiques de la nuit ont été favorables", avec une baisse des températures et un taux d'humidité élevé, et "la situation est stable", selon les autorités qui soulignent que "la mobilisation reste totale".
"C'est la première journée un peu optimiste, puisqu'on a l'impression qu'on est en train de revenir sur le chemin d'une vie normale et que les choses commencent à s'améliorer nettement", s'est réjouie la préfète de Gironde, Sophie Brocas, lors d'un point-presse jeudi soir.
"Nous sommes résolument optimistes (...) On peut penser" que le pire est derrière nous, a renchéri sur BFMTV le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
Vendredi matin, les points chauds du brasier concernent encore le hameau de Claouey à l'entrée de la presqu'île du Cap Ferret, qui reste inaccessible, la commune de Lanton sur le bassin d'Arcachon, celles du Porge et de Lacanau plus au nord.
Les travaux de consolidation des pare-feux et de sécurisation des lisières du brasier se poursuivent, en particulier sur son flanc ouest dans une zone dunaire.
Ce chantier colossal vise notamment à permettre de nouveaux retours à domicile dans les communes restées évacuées, "en les mettant en sécurité", selon la préfète. Mais traiter "240 kilomètres de lisière" ne peut pas se faire "d'un claquement de doigt", a souligné jeudi soir le directeur départemental des pompiers.
Quant à la date à laquelle le mégafeu pourrait être considéré comme "fixé", le contrôleur général Marc Vermeulen ne se risque pas à en donner une: "ce serait trop hasardeux de ma part", estime-t-il, et trop dépendant encore "de la réaction du terrain, du nombre de pieds defeu qui vont encore sortir, mais également des conditions météorologiques".
"Il suffit d'une aiguille de pin et hop, ça repart", abonde un pompier venu en renfort de Mayenne.
"Début de la crise"
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la météo a été "favorable", avec une baisse des températures et un taux d'humidité élevé.
Sur le terrain, 3.300 pompiers de toute la France, dont 267 ont été blessés à ce jour, 1.500 militaires, 1.250 policiers et gendarmes, forestiers, agriculteurs et une cohorte de bénévoles conjuguent leurs efforts, épaulés par 24 moyens aériens dont sept fournis via le mécanisme européen de solidarité.
Vendredi matin, au PC de sécurité à Lège-Cap-Ferret, une minute de silence rendra hommage aux deux pompiers morts en intervention le 21 juillet près de l'aéroport de Bordeaux. "L'idée, c'est de faire corps et d'être unis", a déclaré la capitaine Laure Castagné, infirmière au Sdis 33.
Plus de la moitié des 224.000 personnes évacuées face à la menace des flammes ont déjà pu rentrer chez eux dans 12 communes, du nord-ouest au sud de Bordeaux. Samuel Allix, producteur de pommes de terre à St-Jean d'Illac, apprécie de "pouvoir bosser" après "cinq jours" d'interdiction de récolter. "On a perdu beaucoup."
"C'est le début de la fin du feu mais c'est le début de la crise", craint Nina Rosazza, gérante d'une métallerie à Andernos-les-Bains venue prêter main-forte, avec d'autres artisans du coin, dans la forêt ravagée de Lanton. "Touristiquement, écologiquement, visuellement, c'est une catastrophe à long terme".
Selon le ministre de l'Économie, un quart des 82.000 salariés concernés par les évacuations ont repris le travail jeudi. "À peu près 4.000 établissements", sur les 23.000 fermés ou évacués, ont rouvert, a détaillé Roland Lescure.
Les autorités dénombrent toujours 240 habitations détruites mais indiquent que "ce bilan sera consolidé lors des prochaines visites de reconnaissance" des zones sinistrées par ce feu, le plus dévastateur depuis 1949.
Dans les Landes, le préfet a annoncé jeudi que le feu près de Biscarrosse était "maîtrisé" et que tous les quartiers allaient "rouvrir". Cet incendie survenu il y a une semaine a brûlé 3.600 hectares et conduit à évacuer environ 30.000 personnes à titre préventif.
Secours animal
Si aucune perte humaine n'est à déplorer, les sauveteurs ont la "hantise" de trouver des animaux morts.
Chats, poules, chiens, lapins... Une "brigade de secours animal", montée dans l'urgence par la mairie de Lège-Cap-Ferret, arpente la commune armée de croquettes, de graines et de bidons d'eau pour "leur permettre de tenir" jusqu'à ce que leurs propriétaires reviennent.
Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.
Le sud-est de la France a lui aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et le Var, des départements qui sont à nouveau en vigilance orange canicule.
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Dans le Var, un nouveau feu virulent, au sud-est de Brignoles, a parcouru 130 hectares, moins de 24 heures après la fixation de celui du massif du Gros Bessillon, toujours sous haute surveillance.
Sur la France entière, 275 interpellations ont été réalisées et se sont traduites par 31 détentions, a indiqué Laurent Nuñez en rappelant que "70% des incendies sont criminels".
En Gironde, la justice enquête sur sept incendies survenus en marge du mégafeu et suspectés d'avoir une origine volontaire, tandis que 22 procédures sont ouvertes pour des vols avec effraction survenus dans les zones évacuées.
Avec AFP