Le nombre de loups est resté relativement stable en 2025 avec une population estimée à 1082 individus.
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Biodiversité

Loup en France : les tirs autorisés vont "augmenter de 10 %", annonce Annie Genevard

Dans son "paquet de mesures agricoles", la ministre de l’Agriculture annonce que le nombre de tirs autorisés pour abattre les loups va "augmenter de 10 %". Cette mesure répond aux revendications des éleveurs qui font face à une augmentation des attaques sur leurs bêtes. France Nature Environnement dénonce une atteinte aux obligations de la France.

Ce vendredi 9 janvier, Annie Genevard annonce une augmentation du nombre de tirs autorisés dans l’année sur les loups. "Notre régime de régulation doit être revu et il le sera. Car il n'est plus adapté au fait que le loup s'étend de plus en plus dans des territoires nouveaux et qu'il se multiplie", explique la ministre lors d’une conférence consacrée aux mesures de soutien aux agriculteurs.  

Alors que la colère des agriculteurs s’étend sur les autoroutes et la capitale, la ministre de l’Agriculture est sous pression face aux revendications. "Plus de 4 000 attaques" ont été recensées et "plus de 12 000 bêtes sont mortes", déplore Annie Genevard. "Les attaques se multiplient", insiste-t-elle dans un post sur X. Le quota de tirs augmentera ainsi de 10 % et les "conditions d’accès aux tirs" vont être simplifiées. 

22 loups de plus pourront faire l’objet de tirs

Actuellement, le quota d’abattage annuel est fixé à 19 % de la population estimée de loups. Avec cette hausse, il passera donc à 21 %, soit 22 loups supplémentaires. Une mesure insuffisante pour certaines associations à l’image de la Fédération des éleveurs ovins drômois : "10 %, c'est que dalle, ça fait des années qu'ils devraient nous donner 10 % de plus", affirme Frédéric Gontard, président du groupement.

"On a 1 070 chiens de protection dans la Drôme, et on a 20 % de plus de bêtes tuées par rapport à l'an passé", poursuit-il. La fédération dénonce une proposition qui "ne changera rien" et réclame l’intervention de lieutenants de louveterie quand un éleveur fait face à des loups. Pour rappel, la population de loups est restée relativement stable en 2025, estimée à 1 082 individus

Incompatible avec "le maintien de la population"

L'espèce n’est donc pas en pleine expansion, contrairement à ce que déclare la ministre l’Agriculture. Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement, dénonce une rupture avec les obligations du gouvernement : "Il y a une étude sortie en septembre qui dit que, déjà avec le taux de prélèvement par rapport à la population existante, l'État empêche le développement numérique et géographique de l’espèce."

Les décisions de l’État doivent "être compatibles avec le maintien de la population dans un bon état de viabilité", a-t-il affirmé à nos confrères de Franceinfo. Si la position qu’adopte la France face aux attaques de loups est fermement contestée par l’association, elle est le résultat de la crise qui touche le monde agricole depuis des années. Jean-David Abel préconise des solutions alternatives face à ce problème : "Trois décennies de présence du loup nous ont montré que ce qui est le plus efficace, c'est la mise en œuvre efficace des moyens de protection et notamment des chiens."