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Vie quotidienne

Rouler moins vite permet-il vraiment d’économiser du carburant ?

Réduire sa vitesse est souvent présenté comme un moyen simple de consommer moins de carburant. Pourtant, dans la pratique, beaucoup d’automobilistes doutent de l’efficacité réelle de ce geste. Rouler un peu moins vite fait-il vraiment la différence à la pompe, ou s’agit-il surtout d’un principe théorique ? La réponse est claire : oui, rouler moins vite permet bien d’économiser du carburant, mais à certaines conditions.

Plus un véhicule roule vite, plus il doit lutter contre la résistance de l’air. Cette résistance augmente fortement avec la vitesse, ce qui oblige le moteur à fournir davantage d’efforts, et donc à consommer plus de carburant.

À partir de 70 à 80 km/h, la traînée aérodynamique devient un facteur majeur de consommation. Sur autoroute, quelques kilomètres par heure en moins peuvent entraîner une différence significative sur un trajet long, et cela vaut aussi pour les voitures électriques.

Ce que montrent les chiffres

À vitesse stabilisée, passer de 130 km/h à 120 km/h permet en moyenne de réduire sa consommation de carburant de 10 à 15 %. À 110 km/h, l’économie peut atteindre 20 %, selon le type de véhicule et le moteur.

En ville et sur route, rouler moins vite permet aussi d’éviter les accélérations brusques, qui sont particulièrement énergivores. Une conduite plus souple et anticipée contribue autant, voire plus, à la réduction de la consommation que la seule baisse de vitesse.

Le temps perdu est souvent surestimé

L’un des principaux freins à la réduction de vitesse est la crainte de perdre du temps. En réalité, l’impact est souvent limité. Sur un trajet de 100 kilomètres, rouler à 120 km/h au lieu de 130 km/h n’ajoute qu’environ 4 minutes au temps de parcours.

Cette différence est souvent largement compensée par une conduite plus fluide, moins stressante et par la réduction des arrêts liés au trafic.

Des économies variables selon les trajets

Les gains de carburant sont plus importants sur les longs trajets à vitesse stabilisée, comme sur autoroute ou voie rapide. En revanche, en ville, la vitesse moyenne est déjà faible, et ce sont surtout les arrêts, redémarrages et accélérations qui influencent la consommation.

Dans ces conditions, lever le pied, anticiper et maintenir une vitesse régulière est plus efficace que de chercher à rouler lentement.

Un effet positif au-delà du carburant

Rouler moins vite permet aussi de réduire l’usure du véhicule, notamment des pneus et des freins, et de limiter les émissions de CO₂. La conduite est souvent plus confortable et moins fatigante, ce qui améliore la sécurité.

Ces bénéfices indirects s’ajoutent aux économies de carburant, sans nécessiter de changement majeur dans l’usage du véhicule.

Un levier simple, mais pas isolé

Rouler moins vite est un levier efficace pour réduire sa consommation de carburant, à condition qu’il s’accompagne d’une conduite souple et anticipée. Ce n’est pas une solution miracle, mais un ajustement simple, immédiatement applicable, qui produit des effets mesurables.

Dans un contexte de hausse des prix du carburant et de recherche de sobriété, lever légèrement le pied reste l’un des gestes les plus accessibles pour consommer moins, sans renoncer à se déplacer.