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Vie quotidienne

Couper le moteur à l’arrêt : est-ce que ça abîme la voiture ?

À un feu rouge, dans un embouteillage ou à l’arrêt quelques minutes devant une école, la question revient souvent : faut-il couper le moteur ou le laisser tourner ? Beaucoup d’automobilistes hésitent, par crainte d’abîmer leur voiture ou d’user prématurément le moteur. Pourtant, dans la majorité des cas, laisser tourner le moteur n’est ni utile… ni recommandé.

Contrairement à une idée reçue tenace, un moteur moderne est parfaitement conçu pour supporter des arrêts et des redémarrages fréquents. Les systèmes d’injection, de lubrification et de démarrage ont beaucoup évolué, et le redémarrage ne provoque plus l’usure qu’il pouvait entraîner il y a plusieurs décennies.

Sur les véhicules récents, l’usure liée au redémarrage est négligeable par rapport à celle provoquée par un moteur qui tourne inutilement à l’arrêt. C’est d’ailleurs pour cette raison que les systèmes de stop-and-start se sont généralisés : ils coupent automatiquement le moteur à l’arrêt et le relancent dès que le conducteur repart, sans impact notable sur la mécanique.

Laisser tourner consomme plus que redémarrer

Un moteur au ralenti continue de consommer du carburant, même s’il ne fait avancer le véhicule. En moyenne, une voiture consomme entre 0,6 et 1 litre de carburant par heure lorsqu’elle tourne à l’arrêt. Sur de courtes durées répétées, cela représente une consommation non négligeable.

Contrairement à une croyance répandue, redémarrer le moteur consomme moins de carburant que de le laisser tourner plus de dix secondes à l’arrêt. Passé ce délai, couper le moteur devient plus économique.

Y a-t-il des situations où il vaut mieux ne pas couper ?

Il existe quelques cas particuliers. Par temps très froid, juste après le démarrage, il peut être utile de rouler doucement quelques instants plutôt que de couper immédiatement le moteur. De même, sur certains véhicules anciens ou après un trajet très sollicité (longue montée, autoroute), un court temps de stabilisation peut être bénéfique avant l’arrêt définitif.

Mais dans les situations courantes comme aux feux rouges prolongés, passages à niveau, embouteillages, arrêts de quelques minutes , couper le moteur ne pose aucun problème mécanique.

Et pour la batterie ?

La crainte d’une batterie qui se décharge à force de redémarrages est également fréquente. Là encore, les véhicules récents sont équipés de batteries et de démarreurs adaptés à ces usages. Les systèmes stop-and-start utilisent même des batteries renforcées, conçues pour supporter de nombreux cycles.

Sur un véhicule plus ancien, si la batterie est en bon état, couper le moteur occasionnellement à l’arrêt ne pose pas de risque particulier.

Un geste simple, aux effets immédiats

Couper le moteur à l’arrêt permet de réduire la consommation de carburant, les émissions polluantes et le bruit, sans nuire au véhicule. C’est un geste simple, souvent sous-estimé, qui n’exige ni équipement particulier ni changement radical d’habitudes.

Dans la grande majorité des situations du quotidien, couper le moteur à l’arrêt n’abîme pas la voiture. Au contraire, c’est souvent le laisser tourner inutilement qui est le plus dommageable, pour le portefeuille comme pour l’environnement.