La majorité des Français se dit profondément préoccupée par le changement climatique, mais cette inquiétude peine à se traduire en actions concrètes au quotidien.
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Tendances

Climat : 50 % des Français indiquent "faire des efforts mais pourraient en faire plus"

Si la préoccupation pour le climat reste largement partagée, elle ne se traduit pas toujours par des gestes concrets au quotidien. Selon la 26ᵉ vague du baromètre des représentations sociales du changement climatique publiée par l’ADEME, "la tendance à la démobilisation se confirme" : seul un tiers des Français déclarent faire tout ce qui est possible pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Une large majorité de Français se dit profondément préoccupée par le changement climatique, mais cette inquiétude peine à se traduire en actions concrètes au quotidien. C’est ce que révèle la 26ᵉ vague du baromètre des représentations sociales du changement climatique publiée par l’ADEME. Alors que 72 % d’entre eux expriment un fort niveau d’inquiétude, seulement un tiers affirme faire tout ce qui est possible pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre.

Le climat inquiète, mais pas au sommet des priorités

Pour autant, cette préoccupation reste relative face à d’autres enjeux qui dominent l’agenda des Français. Dans le contexte actuel, la crainte d’une perte de pouvoir d’achat liée à la hausse des prix reste la préoccupation principale des Français. La question de la dette publique émerge également comme un sujet de préoccupation pour 17 % des personnes interrogées, tandis que l’immigration continue de figurer parmi les priorités (14 %).

La priorité accordée à d’autres sujets relègue l’environnement et le changement climatique à la cinquième place des préoccupations, avec 8 % des Français les plaçant en tête de leurs enjeux personnels. Néanmoins, la question climatique demeure le problème environnemental "le plus préoccupant", et 72 % des Français déclarent ressentir un niveau élevé d’inquiétude à ce sujet, une proportion stable quel que soit le milieu social.

Cette inquiétude s’accompagne toutefois de perceptions contrastées quant aux origines du phénomène. L’enquête révèle que 61 % des Français attribuent le changement climatique à des activités humaines, tandis que 28 % le considèrent comme un phénomène naturel. Environ deux tiers des personnes interrogées (65 %) estiment que la communauté scientifique s’accorde sur l’implication de l’effet de serre, mais un tiers reste sceptique sur cette unanimité.

Les Français face aux conséquences

Que le changement climatique soit perçu comme d’origine humaine ou naturelle, cette inquiétude se traduit par des anticipations pessimistes sur l’avenir. Deux tiers des répondants (65 %) anticipent en effet des conditions de vie "extrêmement pénibles" à l’avenir, tandis que 30 % estiment que l’adaptation se fera "sans trop de mal".

La principale crainte identifiée reste l’augmentation des catastrophes naturelles (32 %). Par ailleurs, 66 % des Français ne pensent pas que le changement climatique pourra être limité à des niveaux raisonnables d’ici la fin du siècle, ce qui reflète un sentiment général de vulnérabilité face aux évolutions climatiques.

Quelles solutions ?

Face à ces enjeux, les sondés privilégient majoritairement la modification des modes de vie (58 %) pour réduire l’impact climatique. Le recours au progrès technique est envisagé par seulement 14 % des personnes interrogées.

Au niveau individuel, les pratiques traditionnelles comme le tri des déchets ou les économies d’énergie sont largement adoptées, notamment par les générations plus âgées. Les jeunes adoptent davantage de comportements de mobilité moins émetteurs de gaz à effet de serre, mais ceux-ci restent dépendants de l’offre de transport disponible dans leur territoire.

Les politiques publiques sont perçues comme nécessaires, mais les mesures les plus directement contraignantes pour les individus rencontrent moins d’adhésion. Néanmoins, certaines propositions sont soutenues par la majorité : taxation des véhicules les plus émetteurs (56 %), augmentation du prix des produits à fort impact environnemental (54 %), renforcement de la réglementation environnementale (76 %) ou réorientation de l’économie vers des activités durables (65 %).

Un public inquiet mais démobilisé

Malgré l’inquiétude marquée, l’engagement individuel stagne. Seul un tiers des Français déclare faire le maximum pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, tandis que 50 % indiquent faire des efforts mais pourraient en faire davantage. Cette stagnation, observée depuis l’année dernière, souligne un décalage entre conscience du risque et mobilisation concrète.