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Antarctique : des "albatros espions" traquent les pêcheurs illégaux

©Giedriius/Shutterstock

À partir de novembre, des albatros des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) vont être équipés de balises pour permettre de protéger cette espèce en danger mais également de surveiller ceux qui pratiquent la chasse illégale dans ces eaux. 

De novembre 2018 à mars 2019, 150 balises viendront équiper des albatros des archipels des Crozet, des Kerguelen et d'Amsterdam, situées dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), rapporte l'AFP. Appelé "Ocean Sentinel", ce programme scientifique du Centre d’études biologiques de Chizé (CEBC) a pour but d'étudier et de protéger la "famille d’oiseaux la plus menacée au monde" mais pas seulement.

Il va également permettre de repérer les bateaux qui pratiquent la pêche illégale. Ces derniers éteignent leur système d’identification automatique (AIS), qui transmet aux autorités le statut, la position et surtout le trajet de chaque navire, pour ne pas être repérés. Ils sont cependant obligés, pour leur propre sécurité, de maintenir leur radar allumé dont le signal est justement capté par les balises à une distance maximum de cinq kilomètres. Selon M. Weimerskirch, membre du programme, "la moitié des bateaux qu’on détecte (lors des essais) n’ont pas leur AIS branché". Concrètement, les scientifiques disposent de la position exacte des embarcations une demi-heure après les avoir détectés. En cas d'infractions, ils communiquent ensuite ces informations aux autorités qui se chargent de l'interpellation en cas de besoin. 

Sans danger pour les animaux, le dispositif a déjà été testé avec succès début 2018. Ces appareils de seulement 70 grammes, mis au point par une entreprise néo-zélandaise, fourniront également aux scientifiques du projet, des informations sur le comportement des albatros, leur état, leurs déplacements. Cette initiative a reçu le soutien de l'Union Européenne à travers le label du Conseil européen de la Recherche (ERC). En 2019, elle devrait être testé en Nouvelle-Zélande et dans l'archipel d'Hawaii.