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Techno/Médias

Le plus grand site de stockage d'électricité sur batteries en France verra le jour en 2021

©FreeProd33/Shutterstock

Mardi 29 septembre, la France a inauguré son plus grand site de stockage d'électricité sur batteries. Il peut répondre à la consommation de quelque 10 000 foyers. 

5685 batteries, l'équivalent de 270 tonnes, 10 conteneurs et de quoi stocker la consommation de 10 000 foyers français. Le 29 septembre dernier, le Réseau de Transport d'Electricité (RTE), gestionnaire du réseau public, a inauguré le plus grand site de stockage d'électricité sur batteries du pays. Situé en Bourgogne, il sera mis en service au printemps 2021 et piloté à distance de manière "inédite au monde", assure RTE. 

Dépendant entre autres des aléas de la météo, l'ambition est de répondre au principal problème que pose la production d'énergie renouvelable - notamment lorsqu'elle est issue de l'éolien - : le stockage. Plein soleil à midi, temps gris l'après-midi, mistral absent dans la nuit... Comment éviter la perte des pics de production ? Comment satisfaire les besoins électriques constants des consommateurs ? "Notre rôle est un rôle d'acrobate", résume Elisabeth Bertin, déléguée pour la Bourgogne-Franche-Comté de RTE, gestionnaire du réseau transportant l'électricité. "Pour cela, il faut innover", explique-t-elle.

Une région dominée par l'éolien

Si de tels sites de batteries existent déjà à La Réunion ou en Corse, celui-ci sera non seulement le plus grand, mais il répondra aussi aux caractéristiques de la région, fortement productrice d'énergie verte.

En effet, l'énergie produite en Bourgogne-Franche-Comté est dominée par des sources renouvelables, en particulier par l'éolien : en 2019, 59 % de la production totale était verte, parmi lesquelles 44 % étaient couvertes par le vent. Celui-ci assure à lui seul 8,3 % de la consommation régionale, contre 5,3 % à l'échelle nationale. Et la pente ascendante ne semble pas encore sur le déclin puisque l'an dernier, la production d'énergie renouvelable a bondi de 21,5 % dans la région, et de 35 % pour la seule énergie éolienne.

Compliqué donc dans ce contexte d'éviter les pertes. Exemple dans la commune bourguignonne de Fontenelle qui accueillera le projet, où un site d'une quarantaine d'éoliennes va à terme produire 100 mégawatts (MW), une capacité trop importante pour les lignes à haute tension existantes.

C'est précisément pour pallier à ces difficultés, pour "assurer la solidarité des territoires" entre sites de production et centres de consommation, qu'RTE a installé en plein champ, près des éoliennes, ces quelque 5000 batteries d'une puissance pouvant atteindre 1000 volts chacune (contre 48 pour celles des voitures électriques). Elles fonctionneront comme un tampon absorbant les pics pour mieux distiller leur électricité en fonction des besoins et ainsi "lisser" la production.

Mieux gérer la production

L'ensemble des batteries peut entreposer jusqu'à 24 MW/heure, soit l'équivalent de la production de cinq éoliennes (et donc de la consommation de 10 000 foyers environ).

En outre, la gestion du site ne nécessitera aucune présence humaine, assure RTE, puisqu'il pourra être piloté à distance : "une première mondiale". Pour ce faire, le réseau a mis au point un dispositif baptisé NAZA (Nouveaux automates de zones adaptatifs) qui s'appuiera sur des données en temps réel et pourra déclencher automatiquement et à vitesse éclair le stockage et déstockage de l'électricité sur les batteries.

Un projet étendu à d'autres régions

Pour suivre ce boom du renouvelable à l'échelle du pays, RTE a lancé ce vaste projet de stockage sur batteries baptisé "Ringo", qui permettra de couvrir plusieurs territoires. Financé à hauteur de 80 millions d'euros, il regroupe trois sites : d'abord en Bourgogne, celui de Fontenelle qui sera donc opérationnel à la fin du premier semestre 2021, puis Bellac en Haute-Vienne, prévu pour être mis en service fin 2021, et enfin Ventavon dans les Hautes-Alpes pour 2022. Cumulés, ces trois sites devraient permettre de stocker 72 MW/h et d'éviter des dépenses de plusieurs milliards d'euros qu'aurait entraînées la construction de lignes à haute tension supplémentaires, rappelle Mme Bertin.

A Fontenelle, la prochaine étape consistera à la mise sous tension des batteries, le 17 novembre 2020. Une phase de 6 mois de tests lui succédera, avant la mise en service officielle au mois de mai, lorsque le site sera relié au réseau de transport d'électricité.

Avec AFP. 

En partenariat avec BFM Business : revoir la chronique ici.

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