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Percée du "télébénévolat", mais le Covid pèsera lourd sur le monde associatif

©insta_photos/Shutterstock

Le bénévolat à distance a fait une percée depuis le premier confinement, qui a déclenché une "épidémie de solidarité", mais la crise sanitaire pèsera lourdement sur l'avenir de nombre d'associations.

Entraînements sportifs par visio, accompagnement psychologique par téléphone, tutorat éducatif par télé-enseignement... Une enquête menée en avril-mai auprès de plus de 2.300 bénévoles par le réseau d'experts Recherches et Solidarités montre "une percée du télébénévolat avec le confinement".

Il y a eu une épidémie de solidarité, c'est la bonne nouvelle de la pandémie."

Le désir de s'engager a bondi, comme ont pu le constater les plateformes qui mettent en relation les associations et les personnes prêtes à donner de leur temps. France Bénévolat a enregistré +3 5% d'offres, selon son vice-président Hubert Pénicaud. "Il y a eu une épidémie de solidarité, c'est la bonne nouvelle de la pandémie", confirme Isabelle Persoz, présidente de tousbenevoles.org, qui a enregistré 4.200 nouveaux bénévoles en octobre dans une base de données qui en compte 83.000.

Selon l'enquête annuelle de Recherches et Solidarités "la France associative en mouvement" (17e édition, octobre 2019), la France compte entre 1,35 et 1,45 million d'associations pour 12,5 millions de bénévoles, dont plus de 5 millions agissant chaque semaine.

"Petit miracle de Zoom" 

"Après la sidération du début du confinement, nombre d'associations se sont mises très vite en ordre de bataille grâce au numérique", explique Jacques Malet, le président de Recherches et Solidarités. "C'est le petit miracle de Zoom", le logiciel de visioconférence.

"Il y a eu une hausse considérable de demandes de licences pour Zoom", reconnaît Laurène Goin, responsable du développement chez Solidatech, un "programme de solidarité numérique" d'Emmaüs France, qui fournit à tarif solidaire des logiciels et équipements informatiques à des associations.

"Les fonctions support, la collecte de fonds et la communication se prêtent au télébénévolat", estime Zoé Munch, responsable innovation et projet chez Solidatech. "Les associations ont compris que si elles avaient besoin d'expertise, d'un bénévolat de compétence, cela pouvait se faire à distance", renchérit Isabelle Persoz.

Le télébénévolat permet de "concilier un engagement associatif et des impératifs familiaux et professionnels. Vous avez un savoir-faire, un ordinateur, un téléphone, vous pouvez être très très utile", insiste Jacques Malet.

Toutefois, quand il s'agit de venir en aide aux plus démunis, "on a des activités qui ne peuvent pas être remplacées par de l'accompagnement à distance", rappelle Florent Guéguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité. "Alors que les besoins sont énormes : les files devant les centres de distribution alimentaire ne désemplissent pas, on entre dans la période hivernale et les besoins en hébergement d'urgence vont être très importants".

"Mises à genou, sans trésorerie" 

La crise tant sanitaire qu'économique laissera des traces sur des structures "mises à genou, sans trésorerie", selon Hubert Pénicaud, également administrateur du Mouvement associatif, qui porte la voix de 700.000 associations.

Avec le confinement, deux tiers des associations - culturelles, sportives notamment - ont dû suspendre leur activité et, d'après l'enquête menée avant l'été par Recherches et Solidarités, 4.000 associations employeurs sont menacées de disparaître, 30.000 sont en risque de dépôt de bilan et le nombre de créations devrait chuter de 40% en 2020. Avant la crise, il se créait en moyenne 70.000 associations chaque année.

Hubert Pénicaud attend davantage de soutien de la part des pouvoirs publics pour "ce tissu associatif qui a su être présent dans une action quotidienne à bas bruit".

Un fonds d'urgence de 30 millions d'euros pour venir en aide aux petites associations de l'économie sociale et solidaire vient d'être voté par l'Assemblée nationale dans le cadre du quatrième projet de loi de finances rectificative pour 2020.

Dans un entretien jeudi au site Carenews, la secrétaire d'Etat à la jeunesse et à l'engagement Sarah El Haïry a aussi annoncé la mobilisation de 1.400 bénévoles de la Réserve civique pour aider les collectes alimentaires de fin d'année.

Avec AFP.

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