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Social

Occupation des locaux du Petit Cambodge : les militants sommés de quitter les lieux

Depuis mi-novembre, des militants occupent les locaux vides loués par le restaurant Le Petit Cambodge.
©Noémie Coissac / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Ce 4 janvier, la justice a ordonné aux militants, squattant les locaux vides du restaurant Le Petit Cambodge à Paris, de quitter les lieux dans les 48 heures à venir. Le collectif d'associations, dénonçant la "gentrification" de ce quartier du 10ème arrondissement, entendait en faire un centre social autogéré. 

Le bras de fer devrait toucher à sa fin. Après près de deux mois de squat, les militants qui occupent les locaux vides du restaurant parisien Le Petit Cambodge ont, sur décision de justice, 48 heures pour quitter les lieux. En effet, le tribunal a tranché ce 4 janvier : les 140 mètres carré de locaux situés dans le 10ème arrondissement de la capitale devront être évacués "immédiatement" et "sans aucun délai" sans quoi, une intervention des forces de l'ordre et d'un serrurier sera demandée. "L'expulsion qui pourrait être ordonnée afin de mettre fin au trouble manifestement excessif ne se révèle pas disproportionnée", a fait valoir le président du tribunal judiciaire de Paris dans son ordonnance de référé. En outre, les occupants sont également sommés de verser 153 euros par journée de squat.

Lutter contre la "gentrification" du quartier et la "pression immobilière"

Depuis mi-novembre, des militants de diverses associations - telles que Youth for climate Paris, Décolonisons le féminisme ou encore Désobéissance Ecolo - se sont réunis pour occuper ces locaux vides rebaptisés "l'Arche". Le collectif éponyme entend ainsi lutter contre la "gentrification" du quartier de la Place Sainte-Marthe et dénoncer la "pression immobilière" parisienne. Les militants souhaitent faire de ce lieu vide un centre social autogéré et affirment d'ores et déjà héberger des sans-abri et des personnes en situation précaire. Selon le tribunal, aucune preuve n'a été apportée pour attester d'un tel hébergement, rendant ainsi possible l'expulsion des locaux sans porter atteinte "au droit et au respect de la vie privée et familiale ou du domicile de quiconque". 

Par communiqué, les militants-squatteurs ont rappelé que leur volonté n'était pas de "s'attaquer au Petit Cambodge, mais tout simplement d'occuper un local abandonné pendant cinq ans et de répondre aux besoins du quartier". En effet le restaurant, tristement connu pour avoir été l'une des cibles des attentats terroristes de 2015, louait ces nouveaux espaces depuis le mois de décembre de cette même année. Mais, selon les squatteurs, les travaux de rénovation en vue d'une réouverture n'ont jamais débuté. 

"Le Petit Cambodge, ce n'est pas McDonald's"

Du côté des gérants du Petit Cambodge, le désarroi est grand face à la situation. Selon eux, les occupants ont "changé les serrures, badigeonné les murs" et "organisé des apéros" par temps de crise sanitaire. "Le Petit Cambodge, ce n'est pas McDonald's, c'est un petit restaurant de quartier", a plaidé l'avocate des loueurs Me Marine Rogé. Le verdict en leur faveur énoncé par le tribunal ce 4 janvier sonne donc comme un "ouf" de soulagement : "On ne pouvait pas espérer mieux. C'est la décision qu'on attendait", a avancé Christian Gallois, l'un des gérants du restaurant auprès du Figaro. "Ce local était squatté de manière illicite. Pendant toutes ces semaines, les squatteurs se sont servis du restaurant pour organiser des apéros et des concerts, des débats sur la lutte anarchiste, un marché de Noël, des projections cinématographiques. Ce, sans aucun respect des mesures sanitaires imposées à tous", a pour sa part rappelé l'avocate par communiqué. 

Attaque de l'extrême droite

Suite à ce remue-ménage judiciaire, le collectif d'associations affirme avoir été la cible d'attaques de militants d'extrême droite, "apposant leurs slogans sur la façade de l'Arche, gazant l'intérieur des locaux et menaçant avec des battes de baseball". Malgré tout, "cette lutte est ancrée localement" avec le soutien des habitants du quartier, rappelle-t-il. "C'est d'ailleurs d'eux et d'elles que cette initiative solidaire et radicale a émergé". 

Pour comprendre la lutte à Sainte-Marthe et l'importance du squat : https://t.co/FG3H4jP5zDhttps://t.co/reOdGF9mDS

— Youth For Climate Paris-IDF (@ParisYFC) January 4, 2021

Quant à la sphère politique, elle n'a pas manqué de se saisir de l'affaire : si l'édile socialiste de l'arrondissement Alexandra Cordebard a dénoncé un squat "illégal", l'adjoint écologiste à la mairie de 14ème Guillaume Durand à pour sa part affiché son soutien aux militants.


Je condamne fermement l'occupation illégale du local loué par le Petit Cambodge. Je demande instamment aux squatteurs de ne pas dégrader les lieux et de restituer le local au plus vite à son locataire.
⤵️ https://t.co/JC5bFybJnf

— Alexandra Cordebard (@ACORDEBARD) December 28, 2020


Quant à la maire de Paris Anne Hidalgo, elle s'est contentée de quelques retweets dénonçant l'occupation, sans pour autant prendre de position claire et affirmé.

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