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Les femmes sortent tout doucement de l'ombre dans la gestion d'actifs

Les gérantes d'actifs ont été plus visibles en 2020.
©kan_chana/Shutterstock

Plus de candidatures et plus de rotations : désormais très recherchées dans la finance, les gérantes d'actifs ont été plus visibles en 2020, mais la parité reste encore un objectif très lointain, pour plusieurs raisons.

Les annonces de nouvelles recrues et de promotions au féminin ont particulièrement retenu l'attention au fil de ces mois de crise économique et sanitaire. Et pour cause, nombre de gestionnaires d'actifs soutiennent de plus en plus la diversité, que ce soit par obligation réglementaire (les sociétés sont désormais notées sur le respect de la diversité), par volontarisme, ou les deux.

Ce constat d'accélération est 'le fruit des actions qui ont été mises en place depuis plusieurs années', estime Sylvie Soulère Guidat, directrice des ressources humaines chez Ostrum AM, interrogée par l'AFP.

Ces derniers temps, chartes de la diversité, objectifs ambitieux, réseaux et programmes dédiés aux professionnelles débutantes ou confirmées ont fleuri dans le milieu de l'investissement. Les employeurs sont conscients des atouts des femmes dans la finance, plusieurs études démontrant qu'un mélange des genres contribuait à améliorer la performance des portefeuilles.

En plus de leurs grandes capacités d'adaptation", il est communément admis qu'elles pratiquent "une gestion plus mesurée des risques et sont plus en recherche de sens et d'impacts positifs sur la société en général", confie Mme Soulère Guidat.

200 ans avant la parité

Malgré des talents reconnus, l'ambition paritaire ne se traduit que très poussivement dans les chiffres. En 2016, 10,3% des gérants de portefeuille étaient des femmes, contre désormais 11% en 2020, selon le rapport Alpha Female de Citywire, calculant qu'à ce rythme, cela prendrait encore... 200 ans pour atteindre la parité.

La maternité, puis la quête de flexibilité dans le travail, incitent encore des femmes à quitter la pure gestion d'actifs pour des postes d'analyste par exemple, moins rémunérateurs. Ces freins familiaux se retrouvent dans d'autres industries mais "certains défis sont plus spécifiques à la gestion d'actifs", qui requiert "stabilité et résultats à long terme", observe Denise Prime, spécialiste de l'investissement chez GAM Investments.

Malheureusement, le moment où les femmes commencent à fonder une famille correspond au point de leur carrière où elles ont acquis l'expérience pour prendre des postes senior", expliquait l'experte, au cours d'une table ronde organisée par GAM fin septembre.

Il n'est donc pas surprenant de voir la parité s'estomper à mesure que l'on gravit les échelons.

Tutorat et réseaux

Et pour bon nombre d'expertes, le défi n'est pas tant d'amadouer les femmes dans le secteur que de faire en sorte qu'elles ne quittent pas le navire. En 2020, le taux de rotation était de 27% chez les gérants de fonds mais de 42% chez leurs consoeurs, selon Citywire.

"Les femmes sont très demandées dans la branche mais l'industrie de la gestion d'actifs peine à les conserver", explique à l'AFP Anne Connelly, l'une des fondatrices de Fondsfrauen, un réseau professionnel spécialisé né il y a 5 ans en Allemagne. Elle constate que "des femmes à des postes expérimentés veulent se réorienter", parce qu'elles ne sentent pas suffisamment reconnues ou soutenues dans cette industrie où "la pression est devenue énorme".

Autre problème : "les femmes n'ont pas vraiment le temps de réseauter. Or, c'est indispensable", tout comme le mentorat au sein de l'entreprise car "il n'y a pas encore assez de femmes à des postes hauts placés pour les entraîner vers le haut".

"Il faut que les femmes cessent leur "auto-censure"

Pour Christelle Izambard, responsable conformité et déontologie chez OFI AM, la rotation peut être toutefois due aussi à "l'effet d'aubaine et d'opportunités lié au fait qu'on met en place des politiques de parité" : "les sauts de rémunérations, on les fait quand on change de structures". Encore faut-il que les femmes cessent leur "auto-censure".

Parmi les autres tendances à retenir en 2020, beaucoup de mouvements se sont produits dans la finance responsable, niche dans laquelle les gérantes de portefeuilles se sont particulièrement illustrées. "Et là on dit, passez à la vitesse supérieure, car maintenant que ce domaine a le vent en poupe, avec des succès à la clé, voilà les hommes qui arrivent!", prévient Mme Connelly.

Avec AFP.

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