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Bénévole, oui, mais quand je veux !

Claire (à gauche) avait une après-midi de libre. Elle est venue donner un coup de main au collectif « Les arbres citoyens ».
©Valérie François/ID

Vous aimeriez donner un peu de votre temps à une association mais comme 60 % des Français vous ne le faites pas par manque de temps ou d’information. Aujourd’hui, des sites Internet révolutionnent le bénévolat en proposant du bénévolat à la demande !

Claire est venue donner un coup de main aux membres du collectif « Les arbres citoyens » qui végétalisent les pieds d’arbres d’une rue parisienne. « J’étais libre aujourd’hui, alors je suis venue vous aider ! », lance Claire en ce pluvieux samedi de septembre. Pourtant avant cette journée, elle n’en avait jamais entendu parler. Comment est-elle arrivée là ? Elle s’est simplement inscrite sur une plate-forme de bénévolat à la demande : la Fourmilière. Le principe ? Mettre en contact de manière rapide et facile les associations qui proposent des missions courtes et sans engagement avec des bénévoles qui ont ponctuellement quelques heures à donner. « Le but est de montrer que le bénévolat est facilement accessible même si on n’a pas un emploi du temps très flexible », explique Philippine, co-fondatrice de l’association la Fourmilière.

Le bénévolat à la demande répond à une attente forte des Français

60 % des Français ne sont pas engagés dans une association faute de temps et d’information. « Pourtant beaucoup veulent agir mais ils n’entrent pas dans les formats de bénévolat traditionnel qui demandent un engagement dans la durée. Aujourd’hui, les gens veulent réaliser des actions concrètes et tester plusieurs associations avant de s’engager », confie Stéphanie Andrieu, créatrice de la plateforme benenova.fr. Preuve que la demande est forte, en 2015, 600 bénévoles étaient inscrits sur le site. Deux ans plus tard, ils sont 6 400. D’après Stéphanie Andrieu, 4 bénévoles sur 10 n’auraient jamais fait de bénévolat avant. Benenova s’est implanté dans 3 villes : Nantes, Lille et Paris. Des mairies de grandes villes ont également lancé leur propre plate-forme d’engagement à la demande en faisant appel à une jeune start-up : Hacktiv. Après avoir convaincu la mairie de Paris, 5 autres villes se sont lancées en 2017. « Il y en aura au minimum une quinzaine en 2018 », annonce d’ores et déjà Nicolas Goudy, le fondateur d’Hacktiv.

Une aide ponctuelle très utile aux associations

De leur côté, les associations ont compris qu’elles devaient rendre le bénévolat plus flexible et se sont adaptées. Aude Couturier, animatrice des activités de rue au Secours Catholique le reconnaît : « au début nous étions craintifs car nous voulions des bénévoles réguliers. Mais finalement nous sommes très contents car cela nous a permis de faire perdurer des activités comme notre café de rue qui menaçait de disparaître le samedi soir faute de bénévoles. Et grâce à eux, nous avons aussi recruté de nouveaux bénévoles réguliers ! » Plus de la moitié des associations inscrites sur benenova.org ont réussi à recruter de nouveaux volontaires par ce biais. « Il n’y a de toute façon pas de contribution trop petite. Si quelqu’un de très occupé peut dégager 2 heures dans l’année, c’est déjà génial ! », conclut Stéphanie Andrieu.