Question du jour

Le dioxyde de titane restera finalement dans les confiseries vendues en France

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Dans l'attente d'une nouvelle étude de l'agence de sécurité sanitaire sur les risques liés à la présence de dioxyde de titane dans les produits alimentaires, Bruno Le Maire a annoncé, mardi 8 janvier, l'ajournement de la décision de suspendre ou non l'additif controversé. 

Pour voir le dioxyde de titane disparaitre de nos rayons, il faudra encore attendre. Invité de l'émission C'est à vous diffusée sur France 5, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, a annoncé mardi 8 janvier que l'additif alimentaire ne serait finalement pas suspendu dans les prochains mois, rapporte Le Monde. Ce malgré l'inscription, en automne 2017, de cette suspension dans la loi Alimentation, mais dont la mise en application a jusqu'ici été bloquée par défaut de publication de l'arrêté ministériel nécessaire. 

Le dioxyde de titane entre aujourd'hui dans la composition d'une grande variété de produits de consommation courante et notamment les aliments, en particulier les confiseries ou les gâteaux où il est plus connu sous l'appellation E171, pour ses propriétés de blanchiment et d'absorption des rayons ultraviolets. Pourtant son utilisation fait débat : considérée comme "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 2006, la substance a également fait l'objet en janvier 2017, d'une étude de l'Institut national de recherche agronomique (INRA) démontrant un lien entre une exposition chronique au E171 et le développement de lésions colorectales précancéreuses chez le rat. Sans pour autant que de telles conclusions soient transposables à l'homme, nuançait toutefois l'organisme. 

Et c'est justement dans l'attente d'une nouvelle évaluation de l'agence de sécurité sanitaire (Anses), dont la publication devrait avoir lieu dans les prochains mois, que Bruno Le Maire a différé sa décision, laissant le choix aux industriels de "s'abstenir" en cas de doute. Certains, comme les marques réunies au sein du syndicat des Confiseurs de France ou le groupe Mars ont déjà pris les devants, en s'engageant à bannir le colorant de leurs produits. "La cohérence, c’est d’avoir une évaluation qui soit partagée sur les dangers du dioxyde de titane", a notamment déclaré Bruno Le Maire, cité par Le Monde. 

La présence de dioxyde de titane dans les aliments doit-elle être interdite en vertu du principe de précaution ?

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