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Santé

Incendie de Lubrizol : du chaos naissent les élans de solidarité

L'incendie de Lubrizol s'est déclaré dans la nuit du 25 au 26 septembre. S'il a duré presque 24h, aucune victime n'est à déplorer.
©HO/SDIS/AFP

Alors qu'à Rouen, l'usine Lubrizol est partie en fumée dans la nuit du 25 au 26 septembre dernier, sur place, les riverains sont inquiets. Face à l'ampleur de cet accident industriel, certains Rouennais préfèrent quitter la ville : partout en France, des internautes ouvrent leurs portes. 

Des réseaux sociaux naissent de belles histoires. Après le spectaculaire incendie de l'usine Lubrizol près de Rouen, qui s'est déclaré dans la nuit du 25 au 26 septembre dernier, la région entière semble plongée dans le chaos le plus total : un air irrespirable, une eau encrassée dans les robinets, des autorités "qui détournent le regard" et des habitants qui se sentent abandonnés à leur sort, à en croire les nombreux témoignages qui pleuvent sur les réseaux sociaux depuis ces derniers jours. Mais dans le flou de la catastrophe, Internet abrite aussi de grands élans d'humanité.

Non sans rappeler le hashtag #PorteOuverte, né des attentats parisiens du 13 novembre 2015, certains internautes proposent d'offrir refuge aux Rouennais souhaitant fuir la ville.

Solidarité : un groupe Facebook aux portes ouvertes

Dès le lendemain de l'incendie, le 26 septembre, est né un groupe Facebook intitulé "Propositions et demandes d'hébergement pour les habitants de Rouen". Aujourd'hui, il dénombre plus de 4000 membres et des dizaines de nouveaux posts par jour. Tantôt des internautes aux quatre coins de la France y proposent le gîte et le couvert, tantôt des habitants de la région font part de la situation sur place.

Partage d'informations, messages de soutien ou encore propositions de dons (d'argent, d'eau, de masques...), dans cette agitation un peu désorganisée, les administrateurs du groupe ont également mis en ligne ce matin un document Google pour recenser toutes les propositions d'hébergements à travers une carte interactive. 

Des témoignages alarmants, les autorités tempèrent

Du côté de la twittosphère, les internautes s'affolent. Les témoignages de riverains de Lubrizol et autres habitants des communes environnantes se multiplient : de nombreuses photographies du ciel assombri par la fumée, des dépôts noirs sur les voitures, les routes, les bancs, les jardins et enfin, de nombreux tweets faisant état d'odeurs d'hydrocarbures, de vomissements, de maux de tête, s'ajoutent au manque d'information concrète relevé par les habitants. Tandis que le préfet de la région assure que l'eau est toujours potable, des internautes répondent par des vidéos de leurs robinets d'où coule un liquide sombre.


Concernant les traces noires relevées un peu partout dans la ville, la préfecture de Seine-Maritime assure qu'il s’agit de "dépôts de suie", des traces d’hydrocarbures qui retombent du nuage de fumée, et recommande aux habitants de ne pas y toucher. 

Ce que l'on sait 

- L'incendie s'est déclaré dans la nuit du 25 au 26 septembre aux alentours de 2h40 du matin. Le feu, si spectaculaire soit-il, a été maîtrisé par les pompiers le lendemain à 20h30 passé et n'aura fait aucun blessé. 

- Les produits partis en fumée sont des huiles de moteur, lubrifiants et hydrocarbures, provoquant l'épais nuage noir qui a recouvert l'agglomération. Ce qui explique les traces relevées par les habitants émanant du nuage. Toutefois, "les analyses n’ont pas fait apparaître de toxicité aiguë", selon le préfet. Dans un communiqué, l'usine Lubrizol a précisé que l'incendie n'avait touché aucune zone en activité mais seulement "un entrepôt, une installation d’enfûtage et un bâtiment administratif".

- Durant la journée du 26 septembre, la ville a tourné au ralenti : la préfecture a recommandé à la population de limiter ses déplacements, les lignes de transport en direction de Rouen ont été suspendues et de nombreuses écoles, mairies, campus universitaires, musées, piscines ou encore patinoires ont affiché portes closes. Le temps s'est arrêté jusqu'au week-end.

- Les autorités régionales ont fait plusieurs recommandations : limiter les activités physiques et sportives en particulier en plein air ; en cas de difficultés respiratoires, de céphalées intenses ou persistantes, contacter le 15 ; ne pas toucher les retombées de suie, se laver les mains en cas de contact ; éviter tout contact cutané et avec les muqueuses s'agissant de produits d'hydrocarbures et de produits pouvant être irritants ; nettoyer les locaux, fenêtres, mobiliers et jeux extérieurs et les abords (préau, cours...) uniquement à l'eau ; ne pas effectuer de balayage à sec ; ne pas utiliser d'aspirateur ; protéger sa peau par le port de gants de ménage ; ne pas consommer les végétaux souillés par les suies et se laver les mains en cas de contact... Entre autres. 

- Ce lundi 30 septembre, la Métropole a confirmé l'état de l'eau : "Les réservoirs d’eau potable de la Métropole de la rive nord, sur laquelle s’est concentré le panache de fumée, ont tous été vérifiés, lit-on dans le communiqué. L’eau distribuée sur les 71 communes de la Métropole Rouen Normandie est potable. Aucune trace de contamination n’a été relevée."

- Du côté des politiques, le maire de la ville, Yvon Robert, a déclaré sur Franceinfo ce même lundi "avoir confiance", alors que la préfecture a considéré la qualité de l'air comme étant "normale" à Rouen. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est rendu sur place jeudi avant d'affirmer sur RTL qu'il n'y avait "pas d'élément qui permette de penser qu’il y a un risque lié aux fumées". La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déclaré vendredi que la ville de Rouen "est clairement polluée", se voulant toutefois rassurante. Enfin, face à l'inquiétude des populations, le Premier ministre Edouard Philippe a assuré dimanche que "pour faire face à l’inquiétude légitime des populations, il n’y a qu’une solution : le sérieux et la transparence complète et totale. Nous avons souhaité faire en sorte que tout ce qui est su, que toutes les analyses qui sont réalisées soient rendues publiques", a-t-il déclaré avant de se rendre sur place ce lundi 30 septembre au soir. Emmanuel Macron, lui, est pour l'heure resté silencieux sur le sujet.

- La société Lubrizol a déposé une plainte samedi dernier pour "destruction involontaire par explosion ou incendie", a-t-on appris lundi soir par le procureur de Rouen Pascal Prache. Dans un communiqué diffusé ce même jour, Lubrizol a par ailleurs affirmé que la "vidéosurveillance" et des "témoins oculaires" suggéraient que l’incendie aurait débuté à "l’extérieur" du site.

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