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Politique

Sécurité alimentaire : l'UE dégaine 500 millions d'euros d'aide à ses agriculteurs

©operator1975/Shutterstock

Bruxelles a annoncé mercredi une aide de 500 millions d'euros aux agriculteurs européens, un soutien aux éleveurs porcins et l'autorisation d'exploiter les jachères en raison de l'impact de la guerre en Ukraine, mais démenti tout abandon de sa stratégie de "verdissement" des cultures.

L'aide de 500 millions d'euros, tirée de la "réserve de crise" agricole de l'UE et qui devra être approuvée par les Vingt-Sept et les eurodéputés, sera distribuée via les gouvernements aux producteurs les plus touchés par la flambée des cours des céréales, engrais et carburants, a indiqué la Commission européenne. La France bénéficiera ainsi d'une enveloppe de 89,3 millions d'euros. Les Etats seront libres d'apporter un soutien supplémentaire.

Alors que l'UE cherche à "produire davantage" pour compenser les perturbations de l'offre céréalière d'Ukraine et de Russie, la Commission a également validé une dérogation "temporaire" pour l'année 2022 à ses règles sur les jachères, y autorisant "toute culture destinée à l'alimentation humaine et animale", un potentiel de 4 millions d'hectares supplémentaires. Actuellement, les exploitations dépassant 15 hectares doivent compter au moins 5 % de "surfaces d'intérêt écologique" (prairies, haies, arbres, jachères). L'exigence sera d'au moins 4 % de jachères dans la nouvelle Politique agricole commune (PAC) à partir de janvier 2023 pour renforcer la biodiversité. Bruxelles va aussi assouplir les exigences pour l'importation de l'alimentation animale. Enfin, dès fin mars, le secteur privé pourra demander une aide couvrant partiellement le coût de stockage de viande porcine.

"De la ferme à la fourchette"

La Commission a en revanche renoncé à publier mercredi, comme prévu, deux propositions législatives sur la réduction des pesticides et la biodiversité, déclinant la stratégie verte "De la ferme à la fourchette".

Celle-ci vise, d'ici à 2030, à réduire de moitié l'usage de pesticides, de 20 % celui d'engrais et à consacrer un quart des terres au bio. Plusieurs Etats, emmenés par la France, s'y opposent farouchement, redoutant un effondrement des rendements - ce que Bruxelles réfute. L'exécutif européen prévoit désormais de présenter les deux textes d'ici l'été, justifiant ce report par l'urgence à valider d'abord les plans nationaux déclinant la PAC.

Mais ces plans nationaux devront respecter les engagements de la "Ferme à la fourchette", a insisté le commissaire à l'Agriculture Janusz Wojciechowski. Ces objectifs "ne doivent pas être abandonnés ou affaiblis, une durabilité environnementale accrue augmentera notre résilience, importante pour la sécurité alimentaire", fait valoir la Commission. Ces annonces n'ont pas convaincu une partie des eurodéputés, lors d'un débat animé au Parlement européen mercredi soir. "Il faut résister à la tentation de revenir en arrière. Nos agriculteurs ont besoin de solutions innovantes pour produire davantage avec moins (d'intrants)", a plaidé Ulrike Müller (Renew, libéraux).

L'UE sera un colosse agricole aux pieds d'argile, dépendant des pesticides, engrais de synthèse et aliments de bétail."

"Le report des textes du 'paquet nature' revient à les abandonner", tranche Martin Haüsling (Verts), rappelant que 60 % des cultures européennes sont destinées aux élevages et pourraient être réorientées vers l'alimentation humaine. "Les défenseurs du modèle agricole productiviste instrumentalisent la guerre. Il faut tordre le cou aux prédicateurs d'apocalypse alimentaire : si on se détourne de la 'Ferme à la Fourchette', l'UE sera un colosse agricole aux pieds d'argile, dépendant des pesticides, engrais de synthèse et aliments de bétail" importés, a confié aux journalistes Benoît Biteau (Verts).

A l'inverse, Anne Sander (PPE, droite) reproche à la Commission son "ambiguïté" entre volonté de doper les rendements et maintien d'une stratégie verte "aux conséquences désastreuses" qui ferait "chuter de 13 % la production".

Avec AFP. 

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