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Politique

Nicolas Hulot : militant écologiste, insatisfait de la politique, et accusé de violences sexuelles

Nicolas Hulot.
©PHILIPPE LOPEZ / AFP

Animateur star de la télé, ardent défenseur de la cause environnementale depuis plus de 30 ans, ministre mal à l'aise et éphémère, Nicolas Hulot, 66 ans, qui a annoncé mercredi son retrait "définitif" de la vie publique, a été accusé plusieurs fois ces dernières années d'agressions sexuelles, qu'il nie.

C'est en février 2018, alors qu'il était pour la première fois entré dans un gouvernement après avoir souvent refusé, que des accusations de viol et harcèlement sexuel avaient surgi contre lui dans une enquête de presse controversée. Le parquet de Saint-Malo avait confirmé une plainte pour viol déposée en 2008, mais classée sans suite, les actes dénoncés qui remonteraient à 1997 étant "prescrits".

Né à Lille (nord) le 30 avril 1955, élevé à Paris, Nicolas Hulot a débuté sa vie professionnelle par la photo, avant de bifurquer vers la radio puis la télé, où il présentera à partir de fin 1987 "Ushuaïa, le magazine de l'extrême". Diffusée sur la chaîne française TF1 jusqu'en 1996, l'émission fera entrer le reporter-aventurier dans tous les foyers, jusqu'à devenir pendant plusieurs années la "personnalité préférée des français". Elle sera suivie de déclinaisons, "Opération Okavango" puis "Ushuaïa nature". En 1990, Nicolas Hulot décide de mettre sa notoriété au service de la cause écologiste, qui le préoccupe de plus en plus. Il crée la "Fondation Ushuaïa," devenue depuis "Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme", entouré d'un conseil scientifique aux noms prestigieux, Paul-Emile Victor, Théodore Monod, Yves Coppens ou encore Jean-Loup Chrétien.

Son aura et son engagement reconnu attirent le monde politique, auquel il résistera longtemps, même s'il s'affiche volontiers aux côtés du président Jacques Chirac. Il est d'ailleurs de ceux qui ont travaillé sur le discours de Johannesburg en septembre 2002, quand le président français lance son fameux : "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs". "Je me revois, un peu penaud, parce que je me demandais quand même ce que je faisais là, au fond de cette immense salle," se souviendra Nicolas Hulot. Plusieurs fois sollicité pour être ministre, il résiste aux sirènes, tout en hésitant à s'engager lui-même dans le combat politique.

Le "Pacte écologique" en 2007

Il envisage de concourir à la présidentielle de 2007, avant d'imposer son "Pacte écologique" aux candidats. Nicolas Sarkozy le signe et, aussitôt élu, lance le Grenelle de l'Environnement, qui débouche sur deux lois importantes. Mais les relations se refroidissent et le président finit par juger que l'écologie "ça commence à bien faire". En 2011, Hulot franchit le pas en se présentant, mais sans succès, à la primaire des Verts. Il fut ensuite pendant trois ans "envoyé spécial pour la planète" du président François Hollande dans la perspective de la COP21, avec un bureau à l'Elysée, mais refuse une fois de plus d'entrer au gouvernement.

C'est finalement Emmanuel Macron, jeune président fraîchement élu et affichant une volonté de rupture, qui le convaincra en mai 2017 de devenir ministre de la Transition écologique et solidaire, avec rang de ministre d'Etat. Quelques mois plus tôt, crédité de 10 % dans les sondages, Nicolas Hulot avait renoncé à être lui-même candidat. Celui que le président Macron a décrit comme "un inquiet" qui n'est "jamais satisfait" passera 15 mois au gouvernement, scruté pour le moindre signe de ras-le-bol et souvent taxé de "caution verte". Il assure pourtant qu'avaler des couleuvres n'est pas dans ses "talents", mais reconnaît des "déconvenues, de l'impatience et même parfois des éruptions de colère" quand les choses n'avancent pas. Fin août 2018, il annonce par surprise sa démission dans la matinale de France Inter, sans en avoir prévenu ni le président ni Premier ministre. "Je n'y crois plus", résume-t-il, dénonçant notamment l'influence des lobbies. Mais il assurera ne pas regretter "une seconde" d'avoir accepté le poste. Comme à chaque déconvenue, il s'était replié dans sa maison en Bretagne, près de Saint-Malo, où il vit avec sa femme et ses enfants et se ressource en lisant et en pratiquant le kite-surf. Mercredi, il a de nouveau indiqué que c'est là qu'il entendait se réfugier, dans un climat de "bienveillance".

Avec AFP. 

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