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politique

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs" : quand Jacques Chirac jouait les lanceurs d'alerte

En 2002 face aux Nations unies, Jacques Chirac alerte les décideurs politiques sur l'urgence écologique.
©Patrick Kovarik/AFP

L’ancien président de la République Jacques Chirac n’est plus. Il y a près de vingt ans, l'homme de droite a sonné l'alarme de l'urgence écologique face aux Nations unies.  

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs". Le 2 septembre 2002, Jacques Chirac prononce l'un des discours les plus marquants de son parcours politique. Fraîchement réélu président de la République française, après un historique deuxième tour face à Jean-Marie Le Pen, ses mots feront vibrer l'assemblée lors du Sommet mondial du développement durable organisé par les Nations unies à Johannesburg. Ils sont encore aujourd'hui et plus que jamais, criants de vérité. Ce 26 septembre 2019, Jacques Chirac s'est éteint.

Mais cette phrase d'ouverture ne se trouvait pas dans la version originale du discours. Au début, il y a le hasard : le physicien et historien de l'écologie Jean-Paul Deléage va voir Jérôme Monod, proche conseiller et ami de Jacques Chirac à l'Elysée, pour tout autre chose quelque temps avant le sommet de la Terre à Johannesburg. "De fil en aiguille on m'a donné à lire le texte qu'un conseiller avait écrit pour le discours de M. Chirac", a-t-il raconté jeudi à l'AFP. "C'était un discours très bien d'ailleurs, mais j'ai dit : il serait peut-être possible de rajouter une phrase dont les gens se souviennent".

Ce 2 septembre 2002, à Johannesburg où il s'est rendu flanqué notamment de Nicolas Hulot, le président français attaquera son discours par sa fameuse mise en garde, devant un parterre de chefs d'Etat, au premier rang desquels Nelson Mandela. "On avait rajouté cette formule-là, mais je ne savais pas s'il allait la garder", a déclaré ce jour l'ancien ministre de la Transition écologique d'Emmanuel Macron, qui avait refusé ce ministère sous Jacques Chirac, Nicolas Hulot auprès de BFMTV. "Et je me revois au sommet, un peu penaud, parce que je me demandais quand même ce que je faisais là, au fond de cette immense salle".

Une "écologie humaniste" en dents de scie

"Premier écolo autoproclamé de France", écrivait Libération en 2003 à son propos, l'ex-président prônait une "écologie humaniste". Élu pour deux mandats consécutifs de 1995 à 2007, Jacques Chirac a vécu la pleine ébullition de ces sujets-là. Si ses quinquennats n'ont pas été marqués par de grandes mesures phares en faveur de l'écologie, l'ex-président y semblait toutefois attaché. Du moins dans ses paroles, notamment lors de ses allocutions publiques.

Interrogé ce jour sur France Inter, son ami de longue date Nicolas Hulot estime que, "replacé dans le contexte de l'époque, pour un homme dont l'orientation politique n'était pas spontanément tournée vers l'écologie", Jacques Chirac a "participé à la prise de conscience commune."

Si l'ancien président peut être donc crédité d'un éveil des consciences, son bilan environnemental est contrasté. Fervent défenseur du nucléaire, civil comme militaire, il avait déclenché une tempête internationale en relançant juste après son arrivée à l'Elysée en 1995 les essais nucléaires français dans le Pacifique. Mais c'est aussi sous son impulsion qu'a été élaborée la Charte de l'environnement, inscrite en 2005 dans la Constitution française.

La phrase d'ouverture de son discours a en tout cas fait florès. Encore tout récemment, annonçant sa volonté de mettre les feux de forêt en Amazonie sur la table lors du sommet du G7 de Biarritz, Emmanuel Macron tweetait : "Notre maison brûle. Littéralement. L'Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20 % de notre oxygène, est en feu".

 

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