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Politique

Maires EELV : malgré les polémiques les mesures écologiques sont maintenues

Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, refuse d'avoir un arbre mort sur la place principale de la ville.
©MEHDI FEDOUACH/AFP

Les écologistes arrivés à la tête de plusieurs métropoles connaissent des débuts de mandat animés par quelques controverses bruyantes, comme sur le sapin de Noël et le Tour de France même si leurs principales mesures ont été adoptées sans encombre.

Commencée il y a une semaine avec les propos de l'édile de Lyon Grégory Doucet sur un Tour de France "machiste et polluant", elle s'est poursuivie, menée par la droite et LREM, avec le refus annoncé par le maire de Bordeaux Pierre Hurmic d'installer le traditionnel sapin de Noël municipal, qualifié d'"arbre mort" coûteux. "Bientôt on va pouvoir écrire le livre des âneries vertes", s'est exclamé mardi à l'Assemblée nationale Damien Abad, président du groupe des députés Les Républicains, apportant sa contribution à la polémique sur les maires verts.

"À quoi sert l'écolobashing en cours?", s'est insurgée la sénatrice EELV Esther Benbassa. "À détourner l'attention des vrais problèmes (la destruction de la planète, la question sociale) ainsi que du coeur du programme des écologistes, en créant des querelles artificielles et démesurées sur des sujets parfaitement marginaux".

Reste à évaluer les effets sur l'opinion d'une telle séquence, alors que les écologistes souhaitent démontrer qu'une écologie populaire est possible.

"Un problème de communication"

L'eurodéputé EELV Yannick Jadot, qui se prépare pour l'élection présidentielle, l'admet dans un entretien à L'Obs mercredi, "c'est un problème de com' qui peut renvoyer l'image d'une écologie triste ou punitive". Sur le sapin de Noël, "je me suis d'abord dit: -Qu'est-ce qu'il nous fait, Pierre (Hurmic), avec son histoire d'arbre mort?-", confie-t-il. Mais il estime que sur le fond, les deux maires ont raison. L'édile EELV de Grenoble Eric Piolle, autre candidat potentiel à la présidentielle, n'a pas souhaité commenter l'affaire auprès de l'AFP.

Pour sa part, la députée Delphine Batho, présidente de Génération écologie et alliée des Verts, s'est agacée mardi auprès de journalistes d'un certain "flottement": "Quand un équipier prend une balle sur le champ de bataille, on tient. Il faut hausser notre niveau de jeu, car ce n'est que l'apéritif de la présidentielle". Ces polémiques sont néanmoins les arbres qui cachent la forêt du début des mandats des maires EELV, qui dans l'ensemble n'ont pas été le théâtre d'affrontements idéologiques sur l'écologie.

Les maires écolos toujours engagés dans leur programme

À Strasbourg pourtant, Jeanne Barseghian a vite donné des gages à son électorat. Elle a fait adopter à l'unanimité en août un "plan canopée", programme de végétalisation de la ville ("îlots de fraîcheur", plantation de 10.000 arbres en 10 ans). Elle a abandonné l'objectif de construction de 3.000 logements par an, estimant que les Strasbourgeois avaient "l'impression de ne plus avoir d'espaces de respiration dans la ville". Des décisions qui n'ont pas provoqué de levée de boucliers. Malgré la situation sanitaire, Mme Barseghian a promis la tenue du prochain marché de Noël... et avec sapin!

À Bordeaux, "l'arbre mort" n'était qu'un détail dans l'annonce de toute une batterie de mesures, tant environnementales (jusqu'à 30 km de pistes cyclables, végétalisation...) qu'économiques (cellule d'aide aux très petites entreprises) et sociales ("bail réel solidaire" excluant le coût du foncier).

De son côté, Anne Vignot, à Besançon, a pris le parti de la concertation en créant un comité interdisciplinaire de 15 chercheurs indépendants afin d'évaluer les dossiers au regard du changement climatique. L'opposition y a cependant vu une manière de "valider des projets écologistes" par "des scientifiques proches" d'elle. À Marseille, l'écologiste Michèle Rubirola a axé ses premières décisions sur deux dossiers prioritaires aux yeux de nombreux habitants: les écoles et le logement insalubre, auxquels elle a réattribué 30 et 20 millions d'euros respectivement. Elle a aussi décrété l'ouverture en soirée des parcs et plages.

Si remous il y a eu, c'est plutôt sur le thème de la sécurité et des incivilités. À Colombes (Hauts-de-Seine), Patrick Chaimovitch a déclenché un tollé cet été en comparant les policiers qui "traquent les migrants" aujourd'hui et ceux qui ont mené les "rafles" sous l'Occupation. À la rentrée, il a joué l'apaisement en se disant d'accord pour garder une police municipale armée, alors que sa famille politique y est traditionnellement rétive.

Avec AFP

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