Avec plus de 66 % des voix dès le premier tour, Raphaël Glucksmann a remporté, le 11 octobre, la primaire de la gauche sociale-démocrate. Olivier Faure a reconnu qu’il avait "su convaincre", tandis que Ségolène Royal a conditionné son soutien à un rassemblement de la gauche, rapporte RTL. Une victoire nette dans les urnes, qui laisse entière la question des alliances pour 2027.
Une gauche divisée sur le rassemblement
Marine Tondelier a accueilli le résultat avec réserve. La secrétaire nationale des Écologistes reproche au vainqueur de faire "le choix du repli en refusant toute perspective d’alliance large de toute la gauche et des écologistes". Au cœur du désaccord se trouve le périmètre du rassemblement, Glucksmann excluant une alliance avec La France insoumise. Ces critiques portent donc d’abord sur sa stratégie politique.
Les écologistes sont eux-mêmes divisés sur la marche à suivre. Yannick Jadot soutient le candidat de Place publique depuis août. Ce ralliement lui a valu une suspension à titre conservatoire par son parti le 25 septembre.
Son rôle dépasse le soutien électoral. Glucksmann lui a confié la préparation des "cent jours de la révolution écologique", selon LCP. La promesse consiste à engager cette transformation dès le début d’un éventuel mandat, avec la sortie du gaz et du pétrole comme priorité.
Une écologie liée à la souveraineté et à l’industrie
Cette orientation traverse son discours de campagne. Dans sa lettre de candidature publiée le 25 août, Glucksmann associe la planification écologique à la protection des productions françaises, au retour des usines dans les territoires et à la réduction des dépendances énergétiques et industrielles.
"La révolution écologique, c’est une révolution industrielle", affirme-t-il ainsi lors d’un déplacement dans un parc éolien en Charente-Maritime, rapporté par l’AFP. L’exemple du photovoltaïque illustre cette approche. Il défend la production de panneaux en France pour réduire la dépendance à la Chine, en associant décarbonation et développement de filières industrielles.
L’Union européenne occupe une place centrale dans cette stratégie. "L’Europe est cruciale pour mener à bien la transformation écologique", explique-t-il dans un entretien au Monde du 26 août. Le candidat présente aussi cette transformation comme un moyen d’améliorer le pouvoir d’achat et de créer des emplois non délocalisables.
Des propositions pour les logements, les transports et le vivant
Le projet collectif de Place publique, publié en juin 2025, détaille plusieurs leviers. Il prévoit de relancer et simplifier MaPrimeRénov’ pour accélérer les rénovations performantes et réduire les dépenses de chauffage. Dans les transports, il propose un plan de modernisation du rail et un titre national à tarif abordable, d’abord destiné aux jeunes et aux publics précaires. Le leasing social doit également faciliter l’accès des ménages modestes aux voitures électriques.
La transformation agricole passe notamment par un soutien à la conversion au bio et un revenu de transition pour accompagner l’évolution des pratiques. Pour protéger le vivant, le mouvement propose des zones sans pesticides autour des captages d’eau et des écoles, l’exclusion des pêches destructrices des zones marines protégées et l’adaptation des forêts au climat futur. Ces mesures appartiennent au projet du parti, qui constitue une base distincte des annonces de campagne du candidat.
Sur l’énergie, Glucksmann défend à la fois les renouvelables et la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Cette dernière orientation a fait apparaître un désaccord avec Jadot lors de leur déplacement du 25 août. Les deux hommes partageaient la volonté de sécuriser le parc existant, mais devaient encore travailler sur des scénarios pour déterminer le besoin de nouvelles unités.
L’adaptation complète ce volet de réduction des émissions. Un décryptage du Monde publié en septembre relève notamment des propositions pour adapter les écoles et les logements aux fortes chaleurs, protéger les travailleurs et mieux partager l’eau.
Reste à relier les engagements aux moyens mobilisés. Interrogé en août sur le coût du plan, Glucksmann répondait "Nous le chiffrerons lors de la présentation de ce plan". En septembre, Le Monde recensait plusieurs pistes de recettes, dont une taxation des très hauts patrimoines et des superprofits. La taxation des très grandes successions est, elle, destinée à financer une augmentation des salaires nets.