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Allain Bougrain-Dubourg : "Le syndrome de la marguerite"

Allain Bougrain-Dubourg, grand défenseur de la cause animale, président de la Ligue pour la protection des oiseaux.
©XAVIER LEOTY / AFP

Alors que les Français se préoccupent de plus en plus de la protection des espèces et des espaces naturels, la stratégie du gouvernement pour leur préservation reste floue. 

L'absence relève du mépris. Dans cette campagne présidentielle, pas un mot ou si peu, sur l'urgence à préserver la nature. C'est méconnaitre l'attente des citoyens comme en témoigne un sondage IFOP qui révèle l'écrasante volonté des français d'en finir avec la maltraitance des espaces et des espèces.

L'exécutif se flatte déjà de ne pas avoir manqué d'ambition pour préserver les espaces naturels. Il rappellera même avoir annoncé haut et fort un objectif visant une protection de 30 % des territoires terrestres et maritimes dont 10 % de protection forte. Nous voilà rassurés. Sauf que, à ce jour, personne n'est capable d'indiquer la différence entre « protection » et « protection forte ». On se doute que les cœurs des parcs nationaux et des réserves naturelles s'inscrivent dans les « protections fortes », mais le compte n'y est pas. La situation actuelle laisse apparaître 1,6 % des espaces terrestres et 0,4 % des espaces maritimes en protection forte sur l'hexagone. L'ajout des territoires d'outre-mer pourrait sauver la mise, puisqu’ils élèvent la protection à 33,2 % des espaces terrestres et 20 % des espaces maritimes. Mais la métropole ne satisfait pas l'ambition.

Une protection floue

Dès lors, comment sortir du chapeau des espaces naturels qui pourraient répondre aux objectifs ? L'exécutif propose une série de critères du type « absence d'activité humaine pouvant engendrer des pressions sur les enjeux écologiques d'importance ». Les associations de protection de la nature dénoncent non seulement une notion de protection floue, mais une ambition qui n'atteint même pas les standards internationaux. On constate, par exemple, que les arrêtés de biotopes ou d'habitats naturels pourront être considérés comme « protection forte » alors qu’ils ne disposent ni de plan de gestion ni de moyens de protection. Il en est ainsi d’autres espaces comme des parties de parcs naturels régionaux alors que le droit de l'urbanisme (permis de construire) peut l'emporter sur la préservation des milieux en question.

Comment distinguer les fameux 10 % de protection forte des 30 % de protection ? Les élus locaux attendent une réponse et ne sont guère rassurés. Etant en première ligne dans cette stratégie, ils estiment que le décret en question est instruit au pas de charge avec un objectif chiffré sans préciser à quoi il s'applique. De plus, aucune précision n'est apportée sur les moyens financiers nécessaires à un tel projet. Enfin qui pilotera la « protection forte » ? L'Etat, la Région ? Le Département ? Pas évident de s'y retrouver. L'idée séduisante d'une protection forte ne répondra sûrement pas à l'attente des Français si l'on ne parvient même pas à démontrer à quoi elle ressemble. Pour l'heure, elle s'apparente à une marguerite.... un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ?

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