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Interdictions du plastique : un défi pour les fabricants d’emballage

© Marina Onokhina, Shutterstock

Le plastique a fait l'objet d'une attention soutenue depuis un an. Les propos incisifs relayés dans les médias, tels que « plus de plastique que de poissons dans les océans » ont poussé consommateurs et régulateurs à se focaliser sur ce sujet, et les interdictions des sacs ou pailles en plastique se multiplient dans le monde.

Jusqu'à présent, les répercussions ont été limitées. Mais si l’on regarde la chaîne de valeur du plastique, de nombreux secteurs sont concernés (pétrole et gaz, chimie, emballage, consommation, collecte/recyclage des déchets). Nous avons examiné cette chaîne de valeur pour évaluer les risques, les entreprises qui y sont exposées et les mesures prises pour y remédier. Les principaux impacts devraient concerner les fabricants d'emballages.

Actuellement, 37 % des emballages de consommation sont en plastique. La transition hors du plastique fossile traditionnel va impliquer de profondes répercussions pour ce secteur, qui devra innover et repenser ses modèles économiques. Plusieurs tendances émergent :

Le marché des bioplastiques : il pourrait selon certains experts connaître une croissance annuelle composée de 30 % d'ici 2030 (depuis 2013). L'UE cherche à préciser leur définition, et les entreprises doivent s'assurer de la rigueur de leurs stratégies et communications.

Les matières premières recyclées : les coûts restent élevés tout comme les problèmes de qualité et d’uniformité, surtout pour l’alimentaire, mais ils diminuent.

Les produits finis véritablement recyclables : la plupart des matériaux sont déjà recyclables, mais bon nombre de produits finissent en décharge. Les entreprises qui utilisent des polymères difficiles à recycler devront investir pour changer de technologie.

Réduire le plastique dans l'emballage, en utilisant moins de matériaux ou en utilisant des énergies renouvelables pour rendre la fabrication plus écologique. Cela pourrait bénéficier au secteur de la pétrochimie.

Le recours aux emballages papier/verre/métal a ses limites. Le plastique reste souvent nécessaire pour des raisons de sécurité, de durée de conservation, de légèreté, etc. Il est donc essentiel de le produire plus durablement.

Les leaders capables de développer des alternatives durables seront gagnantes, mais l'innovation est trop lente pour permettre à l'industrie de s’affranchir sans dommage des plastiques traditionnels. Notre analyse des risques pesant sur les bénéfices des sociétés d'emballage montre que les retardataires pourront voir jusqu'à un tiers de leurs bénéfices à risque.

Impacts sur la chaine de valeur du plastique