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INFO PARTENAIRE

Une transition énergétique encore trop lente

©DR_Pixabay/Alain Audet

Depuis 1977, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), organisation internationale fondée par l’OCDE, publie le rapport « World Energy Outlook ».

A travers ce document, l’Agence élabore différents scénarios climatiques pour le futur et conseille les pays et les institutions sur leurs politiques énergétiques.

L’édition 2021, publiée le 13 octobre dernier, a été spécialement conçue à l’attention des décideurs qui vont se réunir du 1er au 12 novembre 2021 à Glasgow, en Écosse, pour la COP26, la 26e Conférence des Parties signataires de la convention-cadre des Nations Unies pour les changements climatiques.

Dans le rapport, l’AIE a une nouvelle fois rappelé qu’il est impératif de respecter la neutralité carbone d’ici 2050 afin de limiter à 1,5°C la hausse des températures moyennes dans le monde par rapport à l’ère préindustrielle.

La conclusion principale du rapport 2021 souligne que les progrès des pays dans le monde en matière d’énergie propre (solaire, éolien, véhicules électriques...) sont encore beaucoup trop lents et absolument insuffisants pour pouvoir atteindre la neutralité carbone en 2050.

En particulier, même si le secteur des énergies renouvelables est en plein développement, les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) représentent toujours près de 80 % de la consommation globale d’énergie, en générant les trois quarts du dérèglement climatique.

Pour cette raison, les engagements climatiques des États, s’ils étaient respectés, permettraient seulement couvrir 20 % des réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES) nécessaires d’ici 2030 pour garder le réchauffement sous contrôle, poussant le réchauffement jusqu’à 2,6 °C d’ici 2100.

Selon les experts de l’AIE, si les pays n’investissent pas plus massivement et rapidement dans les énergies propres, le monde subira le réchauffement climatique, mais aussi des « turbulences » en matière d’approvisionnement.

Pour respecter la neutralité carbone à 2050 les experts de l’AIE proposent quelques pistes :

  • en premier lieu, les investissements dans des projets énergétiques propres devront tripler dans les dix ans ;
  • ensuite, une « poussée massive » vers l’électrification, qui doit être fondée sur des sources propres, comme l’éolien et le solaire ;
  • il faut en outre éliminer le plus rapidement possible le charbon ;
  • le tout doit être accompagné d’efforts considérables pour développer les infrastructures du réseau (batteries, hydroélectricité, hydrogène, etc.).

Le rapport insiste également sur l’importance d’une transition juste et abordable pour tous les citoyens. Dans ce contexte, le rôle des pays émergents est primordial : alors que la crise du Covid-19 a interrompu les progrès de l’électrification, notamment en Afrique, le financement des pays émergents est un enjeu clé. Ces pays doivent absolument s’équiper des infrastructures tout en évitant notamment les énergies plus polluantes, comme les centrales à charbon.

Selon l’AIE, il y a malgré tout des raisons de rester optimiste : depuis quelques années les nouvelles technologies propres sont désormais favorisées par des coûts en forte baisse. Notamment, l’éolien et le solaire deviennent, dans la plupart des pays, les sources les moins chères pour générer de l’électricité.

Cesare VITALI, Responsable de la recherche ESG et du développement ISR