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INFO PARTENAIRE

Regain d’optimisme

©DR/Shutterstock/William Potte

Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment fortement révisé à la hausse ses prévisions de croissance. L’Institution internationale table désormais sur un rythme de progression du PIB mondial de 6% en 2021 et de 4,4% pour l’année suivante, soit respectivement un relèvement de 0,5% et de 0,2% par rapport à janvier 2021. 

Sans surprise, l’essentiel de cet ajustement est à relier avec la dynamique actuelle en Amérique du Nord, au Canada et surtout aux Etats-Unis. Ainsi, avec la multiplication des plans de relance et l’accélération de la campagne de vaccination, la prévision de la première économie a été relevée de 1,3%, ce qui porterait la croissance américaine à 6,3% en 2021. La troisième plus forte révision à la hausse concerne l’Italie où le pronostic a été relevé de 1,2%, ce qui ferait que la croissance de la Péninsule atteindrait 4,2% en 2021 et 3,6% en 2022.

Ce chiffre signifie que le FMI s’attend à une fin prochaine de la pandémie et à une ratification rapide par l’unanimité des 27 parlements des pays membres de l’Union européenne (UE) du plan de relance européen de 750 milliards d’euros. Or, en suspendant le processus de ratification du plan de relance européen, en dépit de son approbation par le Bundestag et le Bundesrat, la Cour Suprême allemande a mis un sérieux coup de frein au lancement de ce plan européen obtenu dans la douleur l’été dernier. L’incertitude sur l’issue de la décision, mais aussi du temps que prendra la Cour de Karlsruhe pour rendre sa décision, ont alimenté l’aversion pour le risque.

Cela a conduit les investisseurs à réclamer une prime de risque pour prêter aux pays qui devaient le plus profiter de cette solidarité européenne. Dans un contexte d’écartement des spreads avec l’Allemagne (+0 points de base – pbs – à -0,31% pour le taux à 10 ans), on a ainsi vu les rendements des emprunts souverains augmenter fortement en Grèce (+7 pbs, à 0,9%), en Italie (+7 pbs, à 0,73%), en Espagne (+6 pbs, à 0,38%) et au Portugal (+6 pbs, à 0,29%). Le contraste est encore plus fort avec les Etats-Unis (-5 pbs, à 1,66%) où le recul des taux aurait été encore plus fort n’eut été le rebond provoqué suite à progression plus forte qu’attendu de l’indice des prix aux producteurs (+1% en mars contre +0,5% attendu par le marché).

L’appréciation des rendements dans les pays périphériques s’est traduite par un recul des marchés actions (-1,34% pour le FTSE MIB en Italie, à 24 428 points), à contre-courant de la hausse constatée sur les autres places qui ont profité du reflux des obligations. Ainsi, malgré un début de reprise des contaminations, les indices américains ont battu de nouveaux records, aidés par les bonnes publications économiques à l’image des bonds de l’indice ISM dans les services (+8,4 sur le mois, passé de 55,3 en février à 63,7 points en mars), des créations d’emplois (916 000 postes supplémentaires en mars) et des ventes de voitures neuves (+12,6% en mars). Même l’annonce d’un relèvement de la fiscalité des entreprises, avec un relèvement de l’impôt sur les sociétés (de 21% à 28%, après la baisse effectuée par Donald Trump en 2017 de 35% à 21% ) et un impôt minimum pour les multinationales américaines (de 10,5% à 21%) n’a pas gâché l’enthousiasme des investisseurs.

L’Europe a également profité de cette belle orientation (+0,46% pour l’EuroStoxx 50 à 3 988 points) malgré le spectre d’un confinement plus dur en Allemagne. Le pays a d’ailleurs confirmé son intention d’acquérir des doses du vaccin russe Spoutnik V, jugé plus efficace. La perspective de la fin de l’impunité fiscale des multinationales voulue par Janet Yellen devrait doper le flux de rapatriement des bénéfices vers les Etats-Unis. Ce qui devrait en théorie profiter au dollar. Pourtant, sur la semaine, le billet vert a connu un fort recul contre la plupart des devises (-0,86% à 92,177 points pour le taux de change effectif), notamment contre l’euro (+1,16% à 1,19 $). L’explication de cette méforme du dollar est à rechercher du côté des Minutes de la Fed qui ont montré que la Fed prendrait son temps avant de durcir sa politique monétaire. L’autre devise faible a été la livre (-0,82% à 1,37 $), pénalisée par les conséquences du Brexit (affrontements en Irlande du Nord et manque de deuxièmes doses depuis que la Commission européenne a mis en place l’obligation de réciprocité).

Karamo KABA, Directeur de recherche économique