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Quel bilan de la COP26 ?

©DR_Pixabay/khw80

Dénoncer comme Greta Thunberg que la COP s’est limitée à du « bla-bla » est certes une posture assez exagérée. Cependant, si le dessein des britanniques de « garder en vie » l’objectif des 1,5 °C est vraisemblablement atteint, force est de reconnaître que l’accord final résultant d’un compromis entre les 197 pays participants n’est guère enthousiasmant.

L’âpreté des tractations a conduit cette grande messe d’environ 30 000 personnes réunies à Glasgow pendant deux semaines à se terminer avec 24 heures de retard. Cette COP a occasionné une pléthore d’engagements sur des objectifs ciblés de diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES). La faiblesse de ces annonces est de n’être assorties d’aucune contrainte juridique et donc, selon ses détracteurs, de ne constituer que des vœux pieux. Ceci dit, si dans une version optimiste tous ces engagements étaient mis en œuvre, le seuil de 1,5 °C serait approché alors que l’on s’orientait plutôt vers 2,7 °C avant la COP.

Passons en revue les principales annonces de cette COP26.

  • Le seuil des 1,5 °C reste dans la mire, bien que, selon les calculs du Global Carbon Project, il ne reste plus que dix ans pour ne pas dépasser ce seuil critique. Les 26 Etats signataires de la « coalition pour une haute ambition » dont fait partie la France s’engagent à réduire de moitié leurs émissions d’ici 2030 et appellent tous les Etats à atteindre le « zéro émission net » en 2050.
  • 23 pays ont annoncé l’ambition de stopper de consommer du charbon, dont des Etats très dépendants comme la Pologne. 25 pays et institutions financières ont également affirmé qu’ils ne financeraient plus des centrales à charbon hors de leurs frontières. Près de 16 milliards d’euros d’investissement par an pourraient ainsi profiter aux énergies renouvelables. La France a rejoint in extremis cet engagement. Malheureusement la formulation finale a été amoindrie à la dernière seconde par l’Inde et la Chine qui ont modifié au nom de leur « droit au développement », le terme « sortir » (du charbon) par « diminuer » - en anglais un petit mot mais une grande différence, étant passés de « cut out » à « cut down ». Le texte avait déjà été affaibli dans une précédente version sous l’influence de l’Arabie saoudite, des Etats-Unis, de l’Australie et de la Russie. Alok Sharma président de la COP26, les larmes aux yeux, n’a pu contenir un « je suis terriblement désolé. »
  • 105 pays affirment vouloir diminuer les émissions de méthane de 30 % d’ici 2030 (cf. chronique de la semaine dernière), et cet engagement a été fortifié par l’annonce surprise d’une alliance entre la Chine et les Etats-Unis pour lutter contre les émissions de méthane.
  • La plus grande coalition en faveur des énergies propres a été lancée à Glasgow. Elle regroupe des Etats, des industriels, des organisations internationales, des scientifiques et des citoyens. L’initiative baptisée « green grids: one sun, one world, one grid (réseaux verts : un soleil, une planète, un réseau) » ambitionne d’accélérer la construction de grandes centrales solaires et d’interconnecter les réseaux électriques.
  • Plus de 100 pays totalisant 85 % des forêts du monde se sont donnés pour objectif de stopper la déforestation d’ici à 2030.
  • Enfin, une trentaine d’Etats, des constructeurs automobiles et des gestionnaires de flottes de véhicules s’engagent à cesser de construire et d’utiliser des véhicules thermiques, au mieux en 2035, au plus tard en 2040.

Malheureusement, les pays riches n’ont toujours pas tenu leur promesse d’il y a douze ans de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 - pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique - et ne devraient atteindre cet objectif qu’en 2023.

La prochaine COP se tiendra à Sharm el Sheikh en Egypte en novembre 2022. D’ici là, le pacte adopté à Glasgow demande aux différents pays de revoir leurs engagements climatiques à la hausse dès fin 2022, soit bien avant la date de 2025 prévue à l’origine par l’Accord de Paris.

François LETT, Directeur du département éthique et solidaire