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INFO PARTENAIRE

L’inflation au pic

©DR_Unsplash/engin akyurt

La semaine économique a été dominée par l’inflation aux Etats-Unis : on attendait 7 %, ce fut 7 % de hausse sur 12 mois (à fin décembre 2021).

Les pressions inflationnistes américaines ne montrent aucun signe de ralentissement : l'indice global est ressorti en hausse sur 12 mois de 7 % (+0,5 % sur le mois) et l'indice "core" a progressé, à 5,5 %, soit +0,6 % sur le mois. C’est le niveau le plus élevé depuis 1982. C’est aussi le pic attendu depuis plusieurs mois par les économistes. Sur l’année, la moyenne est de 4,7 %.

Par secteur, l'habillement a augmenté de 1,7 %, le prix des voitures d'occasion de 3,5 % tandis que le prix des véhicules neufs a connu une hausse de 1 %. Le logement a également été solide, affichant une autre augmentation de 0,4 %. L'alimentation a augmenté de 0,5 %. En revanche, il y a eu des baisses de prix dans les loisirs et le carburant.

Nous pourrions être proches du pic mais le risque est que l'inflation reste plus élevée, plus longtemps, et nous pourrions voir une réponse plus agressive de la Fed. Les marchés « pricent » aujourd’hui 6 hausses de 25 points de base à horizon 36 mois

La trajectoire de l'inflation devrait ralentir au cours des prochains mois et converger vers 3 % en fin d'année, sous l’hypothèse d’une normalisation de l’économie globale (chaîne d’approvisionnement, stocks), d’une baisse des prix de l’énergie, et d’un reflux des prix immobiliers sous l’effet de la hausse des taux hypothécaires et d’un rééquilibrage de la consommation des biens durables vers les services. Cela dépendra évidemment de la pandémie et des variants (actuels ou futurs). Le risque est que les composantes haussières dites « covid-sensitive » s’effacent au profit de nouveaux risques, par exemple les salaires ou les loyers.

Dans ce contexte, les marchés ont résisté à l’approche de la saison des résultats. La volatilité s’inscrit en modeste hausse à 19,2%, les bourses reculent néanmoins (CAC40 -1,1 %). La sous-performance des valeurs de croissance, dont la sensibilité au risque de taux nominaux ou réels est la plus forte par rapport aux valeurs de rendement, se poursuit.

Les marchés de taux sont plus stables sur la partie long terme. En revanche, les anticipations d’accélération de resserrement de la politique monétaire américaine pèsent sur la partie à court terme : le taux américain à 2 ans a progressé de 10 points de base, à 0.97%, alors que le taux à 10 ans a connu une hausse de 2 points de base, à 1,78%.

Les prix de l’énergie restent orientés à la hausse (pétrole WTI +6,2%, à 83,82 $/baril), les prix des métaux et terres rares (nickel, lithium) flambent, de même que le prix des matières alimentaires (indice UN-FAO au plus haut depuis 2011), ce qui n’est pas de nature à soulager les chiffres d’inflation mondiaux à court terme, même si la tendance reste à la décrue sur l’exercice 2022.

Olivier GUILLOU, Directeur de la gestion