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INFO PARTENAIRE

Le mensuel Ecofi d'octobre

©DR_Pixabay/Gerd Altmann

La FED pourra t-elle tenir son calendrier ?

Compte tenu du rythme de croissance et d’inflation affiché actuellement par les Etats-Unis, le fait que la Fed passe d’un biais « ultra-accommodant » à « accommodant » ne devrait pas surprendre les investisseurs. Pourtant, si l’on se fie à la récente appréciation des taux longs, il y a tout lieu de penser que l’accélération du calendrier est plus rapide qu’anticipé.

Cependant, l’ampleur des déficits et des dettes à travers le monde est telle que personne n’a intérêt à un emballement des rendements obligataires. Cela va particulièrement compliquer la tâche des banques centrales, la Fed en tête. Ce qui est certain, c’est que la volatilité sera plus importante à l’avenir.

Il est fréquent d’assister sur les marchés à des phases de forte correction. Le bond de 13 points de base (pbs) du rendement du taux à 10 ans le 23 septembre ressort toutefois de la normale. En effet, il s’agit de la cinquième fois seulement en cinq ans que le rendement du T-Bond s’apprécie jusqu’à trois fois son écart-type moyen. Cette remontée des rendements devient encore plus spectaculaire puisqu’elle a pris place malgré le spectre d’un défaut du géant de la promotion immobilière chinoise, Evergrande Real Estate Group. Désormais, à 1,49% en fin de mois, soit une hausse de 117 pbs sur un an, le taux à 10 ans américain demeure encore sur des niveaux très bas. Notre scénario prévoyait une remontée des taux mais la question aujourd’hui est de savoir si cela va se poursuivre à cette cadence élevée.

Lorsque l'on se réfère au précédent du « Taper tantrum », il semble que l’essentiel de cette hausse des taux soit passée. Cependant, à la grande différence de 2013, l’inflation est très loin de la zone de confort. Certes, les prix ont montré un (léger) signe de répit en août, grâce principalement à des éléments volatils (billets d’avion, voiture d’occasion...), mais cela ne prend pas en compte la flambée de l’énergie (gaz naturel : +32,6% ; Brent de pétrole : +10,3%) et surtout le bond des loyers (+7,4% sur un an en août). Nous nous attendons donc à ce que les prix continuent d’accélérer, un scénario validé d’ailleurs par la Réserve fédérale (Fed) qui a relevé sa prévision entre juin et septembre, passant de 3,4% à 4,2% pour 2021. Ce contexte inflationniste, qui devrait s’étendre, commence à peser sur la consommation. On le voit d’ailleurs sur le marché de l’automobile où les ventes plongent (-29,4% depuis avril 2021). Pourtant, la demande est restée très forte mais la pénurie de certains composants pénalise la production. Nous nous attendons à ce que ce schéma se reproduise dans d’autres secteurs, ce qui nous a conduit à revoir à la baisse nos prévisions de consommation et donc de PIB.

Malgré cela, nous continuons de tabler sur un scénario de croissance forte aux Etats Unis en 2021 (-0,3%, à +6,7%) et en 2022 (-0,6%, à +3,9%) avec l’amélioration de la situation épidémiologique et la persistance des taux réels négatifs. Cela permettra aux pays émergents de résister (-0,1%, à -6,3% en 2021 et +5,3% en 2022) en dépit des difficultés croissantes de l’économie chinoise frappée par un rationnement de l’électricité et les déboires du secteur de la construction. La zone Euro continue de surprendre (+0,1% à 4,8% en 2021 et +0,1% à 4,4% en 2022).

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