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INFO PARTENAIRE

Le mensuel Ecofi de juin

DR Lorenzo Cafaro/Pixabay

En dépit des niveaux élevés d’inflation et des anticipations de prix des ménages et des entreprises, les marchés obligataires ont surpris par leur accalmie aux Etats-Unis.

En Europe, les taux longs poursuivent leur trajectoire haussière en raison de la levée progressive des mesures de restriction. Néanmoins, les principales banques centrales ont réussi à éviter tout emballement. Cette prouesse est d’autant plus remarquable que les indicateurs économiques n’ont cessé de s’améliorer, même si certains indicateurs avancés commencent à plafonner. L’amélioration devrait se poursuivre, facilitée par l’existence d’un important excès d’épargne accumulé, confirmant la révision haussière des perspectives de croissance et d’inflation.

Avant, pour devenir millionnaire dans les jeux de hasard, il fallait jouer au loto. Désormais, dans l'Ohio, aux Etats-Unis, il faut juste aller se faire vacciner. Il faut dire qu’avec un peu plus de 50% de la population américaine ayant reçu au moins une dose, la campagne vaccinale est allée au-delà de toutes les attentes... A tel point qu’il est désormais envisageable de croire à un prochain retour à la normale avec la levée de toutes les restrictions sanitaires. Cela devrait se traduire par une accélération des dépenses de consommation dans les prochains mois, facilitée par l’existence d’un énorme excès d’épargne, estimé à 12% du PIB par Moody’s Analytics. Cette accélération à venir de l’activité des Etats-Unis ne devrait pas amener la Réserve fédérale (Fed) à se précipiter. A court terme, l’Institution monétaire américaine est focalisée sur le marché du travail. Elle n’a cessé de rappeler que le niveau de l’emploi se situait encore en deçà de son niveau d’avant-crise de près de 8 millions de postes. Cependant, en ne se focalisant que sur l’emploi et non sur l’inflation (+4,2% sur un an en avril), la Fed adopte une attitude pouvant être qualifiée de « dangereuse complaisance » (Larry Summers). Surtout que le niveau record des postes vacants et les pénuries de main d’œuvre montrent que la déception de l’emploi en avril est davantage un accident qu’un retournement durable.

Si l'on se fie à l'évolution de l'indicateur du sentiment économique de la Commission Européenne, les planètes commencent à s'aligner"

Nous pensons toutefois que cette attitude, parfaitement assumée, vise surtout à faire déprécier le dollar. En effet, avec des taux réels solidement négatifs, le dollar n’a pas profité du décalage favorable des taux et de l’activité. Plus encore, on a même vu plusieurs monnaies s’apprécier comme la livre sterling et le dollar canadien suite à l’annonce d’une réduction des achats de titres par leur banque centrale. C’est pour cette raison que la Banque centrale européenne (BCE) devrait elle aussi prendre son temps sous peine de voir l’euro s’apprécier encore davantage. Pourtant, le climat des affaires s’est nettement amélioré en Europe. En effet, si l’on se fie à l’évolution de l’indicateur du sentiment économique de la Commission européenne, les planètes commencent à s’aligner. Ainsi, avec la levée progressive des mesures de restriction sanitaire, la confiance a connu un bond en mai (+4 points), en particulier dans le secteur des services (+8,8 points), pesant pour environ 85% du PIB. C’est donc logiquement que nous avons revu à la hausse notre prévision de croissance et d’inflation à la fois pour 2021 et 2022.

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Karamo KABA, Directeur de la recherche économique