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Le mensuel Ecofi de juillet

©DR Bruno /Germany/Pixabay

Polyphonies à la FED

La montée en puissance de la vaccination n’a pas éloigné le spectre d’une recrudescence de la Covid-19. Si l’évolution de la pandémie demeure le principal facteur de risque, les prévisions de croissance ont été revues à la hausse, ce qui se traduit par un accroissement des pressions inflationnistes.De ce fait, la Réserve fédérale, devenue plus optimiste, a entrouvert la porte à une normalisation plus rapide de sa politique monétaire avant de se raviser rapidement. Dans tous les cas, la perspective de réduction graduelle des achats de titres deviendra bientôt une réalité. Ainsi, avec le maintien de mesures budgétaires expansionnistes, la tendance haussière sur les rendements des emprunts obligataires pourrait reprendre.

Avec l’émergence d’un variant Delta plus contagieux, le risque est grand de voir les Etats, à l’image du Portugal, réimposer des mesures de confinement plus ou moins strictes. Cette dégradation de la situation épidémiologique n’a pourtant pas empêché les indices boursiers d’afficher de très bonnes performances sur le semestre (+17,2% pour l’indice CAC 40). Il faut dire que les effets des plans de relance monétaire et budgétaire continuent de doper l’optimisme. Cela s’est notamment traduit par un relèvement des prévisions de croissance et d’inflation.

Tout n’est pas rose pourtant. Le marché de l’emploi a surpris par sa vigueur en juin (+850 000 postes supplémentaires, très au dessus des 720 000 attendus par le consensus). Mais la qualité de l’emploi commence à se dégrader, avec une forte progression des postes à temps partiel. De ce fait, avec des postes à pourvoir au plus haut historique (à 9,3 millions), les travailleurs n’hésitent plus à changer d'emploi, d’où une flambée du taux de démission à un pic historique. Dans ces conditions, 48% des patrons de PME se disent dans l’incapacité de combler un ou plusieurs postes vacants. Ce qui explique le bond du taux de salaire horaire (+3,6% sur un an en juin après +1,9% en mai).

Toutefois, avec un marché du travail qui se situe encore à 6,8 millions (ou 4,4%) en deçà de son niveau d’avant la crise, on imagine mal la Réserve fédérale (Fed) durcir de façon prématurée sa politique monétaire. Même la flambée des matières premières (+52,7% pour le pétrole en 2021) ou celle des prix de l’immobilier (+14,9% sur une année) ne seraient pas suffisantes pour infléchir la stratégie de la Fed. Ainsi, les autres grandes banques centrales devraient suivre les traces de la Banque centrale américaine, sous peine de voir s’apprécier leur devise contre le dollar.

‘‘ CETTE DÉGRADATION DE LA SITUATION ÉPIDÉMIOLOGIQUE N’A POURTANT PAS EMPÊCHÉ LES INDICES BOURSIERS D’AFFICHER DE TRÈS BONNES PERFORMANCES SUR LE SEMESTRE.’’

Ainsi, après s’être fait peur sur la perspective d'un retrait prématuré des achats de titres après les sorties musclées de certains membres de la Fed, les investisseurs sont désormais convaincus que ces liquidités à bon compte vont rester abondantes. Le ton particulièrement conciliant du président Powell explique en grande partie la relative sérénité qui prévaut sur les marchés obligataires où les rendements ont reflué pour le troisième mois consécutif. Il faudra cependant rester attentifs car cette tendance ne devrait pas s’éterniser, surtout si les plans de relance budgétaire en série se traduisent par un creusement des comptes publics.

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