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Intégrer les risques Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance : un pari gagnant ?

©Free-Photos

Alors que la saison 2021 des assemblées générales bat son plein, les actionnaires auraient tout intérêt à s’enquérir de la compétence des conseils en matière de gestion des risques Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG).

Sur les risques juridiques et financiers (conformité, structure du bilan, liquidité, etc.), les administrateurs sont généralement bien formés et expérimentés, mais il n’est pas certain que ces qualités - nécessaires - soient suffisantes pour assurer la pérennité de l’entreprise. Une récente étude de l’Insead et de l’Université de Pennsylvanie montre qu’en étendant l’éventail des risques surveillés par le conseil d’administration à des sujets comme les catastrophes naturelles, les cyber-attaques, le respect des droits humains par les fournisseurs ou la prise en compte des objectifs de l’Accord de Paris sur la transition climatique, l’entreprise en tire parti à la fois sur sa performance ESG et sur ses résultats financiers.

La formule magique ! A contrario, l’étude montre que la majeure partie des administrateurs s’interroge toujours sur l’importance des questions environnementales et sociales sur les risques supportés par l’entreprise et doutent toujours que ces problématiques soient bien de leur ressort. La temporalité et la gravité des risques physiques et de transition climatique sont en effet très compliquées à estimer. Mais les auteurs de l’étude montrent que « la prise en compte des questions environnementales et sociales peut offrir des opportunités tout en réduisant les risques. »

Ils enchérissent même : « les entreprises dont le conseil d’administration exerce une surveillance rigoureuse des risques sont plus susceptibles d’exploiter ces opportunités. » Dans leur étude, l’Insead et l’Université de Pennsylvanie démontrent qu’un management des risques élargis de l’entreprise par les administrateurs pousse le management à prendre en compte les facteurs ESG dans la stratégie de l’entreprise. Cela se concrétise également par de meilleurs ratings octroyés par les agences de notations ESG. « En assurant une surveillance plus large des risques, les conseils d’administration peuvent s’assurer que la direction générale a correctement évalué la mesure dans laquelle les différents risques sont susceptibles d’avoir un impact sur les résultats de l’entreprise, et a déterminé comment gérer, atténuer, éviter ou exploiter ces risques afin de protéger au mieux l’entreprise, d’améliorer les performances et de favoriser la création de valeur. » souligne l’étude.

Pour ce qui est de l’impact sur la performance financière, une autre étude vient corroborer celle de ces deux instituts. L’indice Global 100 mis en place par Corporate Knights, une entreprise d’information et de conseil en investissement canadienne spécialisée dans l’ESG, montre que les entreprises les plus durables ont des résultats financiers supérieurs à ceux de leurs pairs. Depuis sa création en février 2005 et jusqu’à fin décembre 2020, l’indice composé des 100 entreprises les plus durables au monde a généré un rendement total de 263 %, beaucoup plus que la progression de l’indice de référence, le MSCI All Country World Index qui a progressé de « seulement » 220%. Qui plus est, les entreprises durables ont également une durée de vie plus longue. Selon l’étude, l’âge moyen d’une entreprise du Global 100 est de 74 ans, contre 53 ans pour celles de l’indice de référence. L’ESG est finalement un pari quasi Pascalien pour les administrateurs !

François LETT, Directeur du département éthique et solidaire