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Une rentrée sous le signe... du "K"

© Shutterstock / SynthEx

L’été n’aura pas été meurtrier pour les marchés financiers, bien au contraire. Nous avons assisté à une envolée des bourses, avec une mention particulière pour les valeurs technologiques américaines et notamment les " terra-caps ". Plus globalement, l'ensemble des classes d'actifs affiche des performances positives sur les mois de juillet et d'août, dans un contexte de baisse marquée du billet vert et de stabilité des taux d'intérêt. 

Ces évolutions nous semblent cohérentes avec le scénario évoqué ( dès avril ) de reprise en " V " sur les marchés et de reprise en " L " sur l'économie. Cette évolution favorable des marchés financiers ne s'explique pas uniquement par l'abondance des liquidités ( soutien des banques centrales ) mais aussi par la bonne qualité des résultats des entreprises, notamment américaines. 

En Europe, la situation est plus contrastée. La crainte d'une " deuxième vague " de l'épidémie de Covid fait peser une hypothèque sur la qualité de la reprise, même si l'activation de plans de relance est un facteur de soutien essentiel pour amortir la crise économique et financière. Nous attendons la validation de ces plans dans les prochaines semaines par les Parlements nationaux. Les craintes de défaillance d'entreprises sont toujours fortes et pèsent également sur les perspectives des banques. Conséquemment, les valeurs dites " value " sous-performent les valeurs dites " growth ". 

Du côté politique, on retiendra que la situation ne s'est pas jouée aux États-Unis. Cela ne semble pas agiter les marchés financiers à ce stade. Au Royaume-Uni, nous sommes dans l'expectative d'avancées concernant les négociations sur le Brexit et, pour l'instant, pas grand-chose... Cette situation pèse sur la performance des actifs en livre sterling mais ne contamine pas encore les actifs en euros. Jusqu'à quand ? 

La rentrée risque d'être plus agitée compte tenu du chemin parcouru et du rebond spectaculaire des indices boursiers. L'Europe reste en retrait par rapport aux États-Unis, mais la tendance pourrait s'inverser, même si le rebond de l'euro peut affecter cette dynamique. 

La reprise est loin d'être généralisée selon les secteurs, les pays et les populations. C'est la théorie du rebond en " K ", avec les gagnants et les perdants de la crise Covid. La lettre " K ", c'est aussi celle de kangourou, une nouvelle façon de parler des marchés évoluant en yo-yo depuis quelques temps, notamment en zone Euro. 

Cette rentrée nous dira si cette tendance peut s'inverser, mais ce n'est pas notre scénario le plus probable. 

Texte rédigé par Olivier Guillou, Directeur de la Gestion