Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Dans cet espace, la rédaction d’ID n’exerce pas de droit de regard sur les informations disponibles et ne saurait voir sa responsabilité engagée.
Info partenaire

Un plan de relance verte historique de l'Union Européenne

©Shutterstock/Khakimullin Aleksandr

Pour répondre à la crise économique et sociale du Covid-19 et après 5 jours de négociations, les 27 pays de l'Union Européenne (UE) ont adopté un plan de relance de 750 milliards d'euros qui pourront être empruntés par la Commission sur les marchés.

Le budget se compose d'une enveloppe de 390 milliards d'euros de subventions alloués aux États les plus impactés par la pandémie et qui seront remboursés communément par les 27 pays, ainsi que de 360 milliards d'euros disponibles pour des prêts, remboursables par les pays demandeurs. Ce plan est adossé au budget à long-terme de l'UE (2021-2027), qui prévoit une dotation globale de 1 074 milliards d'euros. 

L'argent emprunté par les 27 pays membres aura une forte ambition écologique pour les sept prochaines années, avec 30% des dépenses en faveur du climat. Les investissements à venir devront respecter le plan de neutralité carbone de l'Union Européenne d'ici 2050 et notamment les objectifs de réduction des émissions de CO2 d'ici 2030. "Pour la première fois dans l'histoire européenne, le budget est lié aux objectifs climatiques", annoncé le président du Conseil Européen, Charles Michel. Le plan de relance et le budget ne sont pas encore définitifs, puisque le texte doit encore être soumis au vote du Parlement Européen. 

Le plan de relance français, qui sera présenté lors du Conseil des Ministres du 24 août prochain, prévoit 100 milliards d'euros, dont 40 milliards de subventions de l'UE. Ce plan comprendra notamment une enveloppe de 20 milliards d'euros pour la transition écologique de l'économie. Les fonds européens permettront de soutenir des secteurs considérés comme prioritaires par la France en termes de transition énergétique, comme les investissements dans l'hydrogène et dans la rénovation énergétique des bâtiments

Il faut savoir que l'accord final a été revu à la baisse concernant la part de subventions, qui était fixée à 500 milliards d'euros dans le plan de relance initial, au nom de la solidarité européenne envers les pays les plus durement touchés par le virus. Afin d'arriver à un compromis avec les pays dits "frugaux" (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche et Finlande) pour l'arbitrage entre les dons et les prêts, le président du Conseil Européen a révisé à la baisse le montant des subventions, mais aussi réduit de façon considérable les contributions nettes au budget de l'UE dans ces pays, qui étaient considérées comme disproportionnées par les pays eux-mêmes. 

Des ONG écologistes alertent sur certains points de l'accord, qui ne seraient pas en ligne avec l'objectif déclaré de verdir la relance économique. En effet, Greenpeace et Oxfam ont souligné que les montants alloués à des mesures pour soutenir la lutte contre le changement climatique et la transition énergétique ont été revus excessivement à la baisse par rapport aux propositions initiales. C'est par exemple le cas du Fonds pour la transition juste, destiné à aider les pays les plus affectés par la transition climatique et ceux plus en retard à sortir du charbon, qui a été fortement réduit. 

Cesare Vitali, Responsable ISR