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Semaine décisive pour le Brexit

©Shutterstock / Ivan Marc

Réputés dans le monde entier pour leur légendaire flegme, les britanniques sont en passe de devenir maîtres en matière d'indécision.

Un célèbre écrivain irlandais a dit un jour que « si les Anglais pouvaient survivre à leur cuisine alors ils pouvaient survivre à tout ». Pour que cette citation de George Bernard Shaw, prix Nobel de littérature en 1925, reste vraie, il va falloir que les députés anglais à la Chambre des communes fassent preuve de cohérence. En effet, réputés dans le monde entier pour leur légendaire flegme, les britanniques sont en passe de devenir maîtres en matière d'indécision. Ainsi, alors que l’ultimatum de l’Union européenne (UE) expire le 12 avril prochain, la première ministre Theresa May a demandé un nouveau report du Brexit, sans avoir au préalable rempli la condition d’une participation aux élections européennes. Or, selon The Guardian, plusieurs députés conservateurs ont fait part à Madame May de leur intention de l’évincer si le pays était contraint à participer aux élections européennes de mai prochain, ce que nous devrions savoir cette semaine. Cette demande de report du Royaume-Uni, sans autre solution alternative sérieuse que la recherche d’une solution transpartisane, devrait toutefois être entendue par l’UE. Ainsi, pour sortir de l’impasse d’un hard Brexit, il est envisagé de reporter la date du Brexit d’une année, histoire de laisser du temps aux Britanniques pour arriver à un compromis. Ce qui reviendrait à dire que nous allons encore devoir supporter cette tragédie shakespearienne au moins jusqu’à cette nouvelle date butoir, fixée au 12 avril 2020. L’exclusion d’un hard Brexit imminent a permis aux valeurs anglaises d’enregistrer un bond sur la semaine (+2,3%).

Nous ne devrions pas attendre autant de temps pour parvenir à un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis. En effet, au cours de la semaine, même s’il n’a pas donné de date précise, Donald Trump a fait état de son optimisme à régler ce différend dans les quatre prochaines semaines. Ces propos ont ravivé l’élan haussier sur des indices boursiers déjà favorisés par le rebond de l’indicateur avancé de l’industrie chinoise. Au final, sur la semaine, les hausses ont été importantes aussi bien aux Etats-Unis (S&P 500 : +2,1%, à 2 893 points) qu’en Chine (CSI 300 : +4,9% à 4,062 points). Même l’Europe a profité de ce vent acheteur (EuroStoxx 50 : +2,9%, à 3 447 points) malgré une nouvelle déception au niveau des enquêtes PMI qui ont poursuivi leur contraction. En France, le CAC 40 est à un sommet annuel.

La baisse de l’aversion pour le risque s’est traduite par une remontée des taux longs. Ainsi, aux Etats-Unis, le rendement du 10 ans est revenu proche de la barre de 2,50%, en hausse de 9 points de base sur la semaine. La tendance haussière s’est renforcée après la publication d’un rapport d’emploi meilleur que prévu (+196 000 postes supplémentaires en mars alors que le consensus n’en attendait que 177 000). Fait à noter, les investisseurs ont particulièrement apprécié la modération des salaires, confirmant l’adage selon lequel « ce qui est bon pour Wall Street n’est pas bon pour Main Street ». Ainsi, du fait de l’incertitude sur le Brexit, les rendements anglais ont connu l’une des pires performances de la semaine (+12 points de base, à près de 1,12% pour le Gilt à 10 ans).

Cette incertitude a également accru la volatilité de la livre sterling, en sous-performance par rapport au dollar. L’euro a été plombé, comme la plupart des devises européennes, par cette impasse à Westmister. Le pétrole, en forte hausse, a profité des anticipations de stimulation monétaire annoncées par les banquiers centraux.