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INFO PARTENAIRE

QE Infinity

© Number1411 / Shutterstock

Avec des objectifs d’inflation difficiles à atteindre, on comprend bien que la BCE est arrivée au bout de ce qu’elle pouvait faire.

“As long as it takes!” (“aussi longtemps que nécessaire“)… Voici ce qu’il faut retenir de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) et de la conférence de son président Mario Draghi, qui va céder les rênes de l’Institution à Christine Lagarde le 1er novembre prochain. On se souvient de son fameux “Whatever it takes!“ en 2012 qui a permis de sauvegarder l’euro !

La BCE a annoncé jeudi une baisse de 10 points de base (pbs) de son taux de rémunération des dépôts de -0,40% à -0,50% (comme attendu par les marchés) et la reprise de ses achats nets d'actifs à hauteur de 20 Mds€ mensuels à compter du 1er novembre, et sans limitation dans le temps. Il faut noter qu’un mécanisme de tiering* pour limiter les effets induits par les taux négatifs sur le secteur bancaire a été instauré sur le modèle suisse. Au total, le bénéfice attendu sur les banques est estimé à près de 3 Mds€. D’autres mesures, sur le Targeted Longer Term Refinancing Operations (TLTRO) notamment, ont été annoncées.

Concernant les perspectives économiques de la zone, la BCE a revu à la baisse ses prévisions de croissance / inflation pour 2019, 2020 et 2021 ; avec une croissance à 1,2% en 2020, en repli respectivement de 0,4 point et de 0,2 point par rapport à la projection prévue il y a 6 mois, et une inflation à 1%. Ces prévisions ne tiennent compte ni d’une évolution négative sur le Brexit ni d’une escalade sur le front de la guerre commerciale (États-Unis vs secteur automobile allemand).

Ce package est clairement bénéfique pour les dettes des pays périphériques, au premier rang desquels figure l’Italie. Ceci explique peut-être les tensions révélées au sein du Conseil des gouverneurs, puisque plusieurs membres des pays « core » auraient été hostiles à une reprise du QE, finalement retenue à une majorité réduite. La clé de répartition des achats pourrait être atteinte d’ici 10 mois (État allemand), ce qui devrait soutenir le marché de la dette privée.

Avec des objectifs d’inflation difficiles à atteindre (cible < prévision 2021), on comprend bien que la BCE est arrivée au bout de ce qu’elle pouvait faire, soulignant le rôle des politiques budgétaires et fiscales pour accompagner son action. Il n’y a d’ailleurs plus de forward guidance datée mais un lien à l’inflation. A cet égard, l’équation politique en Allemagne est cruciale pour lever le verrou budgétaire, permettant au pays de sortir de la récession qui s’annonce.

Dans cet environnement, l’assouplissement monétaire ne semble pas suffisant pour affaiblir l’euro. Les taux d’intérêt des dettes d’État remontent de manière généralisée (Bund 10 ans à -0,449%, en hausse de 19 pbs). Sur les marchés actions (EuroStoxx +1,45% sur la semaine), nous avons assisté à un retournement spectaculaire des valeurs cycliques (qui surperforment les défensives), anticipant un rebond des indicateurs d’activité dans l’industrie. Nous avons également vu le retour en grâce des valeurs value par rapport aux valeurs growth. Les financières surperforment.

Aux États-Unis, le Président Trump semble vouloir relâcher la pression sur différents fronts (Chine, Iran). Est-ce simplement une embellie avant une nouvelle tempête ?

Enfin, la saison 3 du Brexit nous laisse dans l’expectative avec la suspension du parlement qui a voté une loi anti nodeal et un premier ministre qui doit conclure avant le 19 octobre pour une sortie au 31 octobre, pour éviter un report au 31 janvier 2020. Wait and see!

A suivre cette semaine, les conséquences de l’attaque par des drones du site pétrolier en Arabie Saoudite sur le prix de l’or noir qui ampute la production de moitié.

* Le tiering consiste à appliquer différents taux par palier.