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INFO PARTENAIRE

Les enquêtes économiques dopent les marchés

© Shutterstock/Sittipong Phokawattana

Au moment où l’épidémie semble reprendre un second souffle dans le monde, les enquêtes économiques s’améliorent fortement, à l’image de l’indice ISM du secteur manufacturier américain qui a gagné 9,5 points en juin, passant de 43,1 points en mai à 52,6 points en juin.

Cette évolution favorable des enquêtes économiques est tout sauf une surprise puisqu’elle découle de la levée des mesures de confinement qui avaient été prises pour freiner la propagation de la Covid19 dans la plupart des pays. Le Rapport d’emploi de juin s’est significativement amélioré aux Etats-Unis avec la création de 4,8 millions de postes. Même si cette augmentation - qui intervient après une hausse de 2,7 millions en mai - ne parvient pas à effacer le plongeon de mars et d’avril (-20,8 millions), elle a suffi à accélérer la hausse des indices boursiers. De forts gains ont été enregistrés sur la semaine (Nasdaq : + 5,4%, à 10 377 points ; S&P 500 : +4%, à 3 129 points ; Dow Jones : +2,9%, à 25 741 points) et l’onde de choc de cette effervescence des indices américains s’est propagée sur toutes les autres places financières (EuroStoxx 50 : +2,8%, à 3 300 points).

La question est de savoir combien de temps cette euphorie boursière va durer. En effet, le regain de vigueur de la Covid19 commence à inciter les gouvernants à réviser leurs plans de déconfinement de l’activité économique. On a ainsi vu la mise en confinement, pour le moment partielle, de plusieurs régions (Catalogne en Espagne ; Leicester au Royaume-Uni) ou de plusieurs secteurs (fermeture des bars et des plages en Floride). Des mesures plus restrictives sont à prévoir aux Etats-Unis où le Docteur Anthony Fauci, patron de la National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), a averti que le nombre de nouveaux cas du Coronavirus pourrait atteindre la barre des 100 000 personnes par jour.

Une telle évolution criblera d’incertitudes, à n’en pas douter, le scénario d’un rebond de l’économie dès le deuxième trimestre. Avec le début de la saison des résultats qui approche, un regain de la volatilité n’est pas à exclure, surtout avec les faibles volumes qui caractérisent souvent la période estivale. C’est dans ce contexte sanitaire difficile que l’Organisation internationale du travail a publié un rapport montrant une dégradation des prévisions plus sévère qu’initialement envisagé. Ainsi, suite à la perte de 400 millions de postes à temps plein au deuxième trimestre 2020 à travers le monde, le recul de l’emploi au second semestre pourrait s’établir entre 34 millions dans le cas favorable et 340 millions dans le cas adverse.

On voit mal, dans ces conditions, comment les rendements obligataires pourraient remonter à leur niveau pré-Covid-19. D’ailleurs, sur la semaine, malgré des statistiques de bonne facture, les obligations allemande (+1 point de base - pbs - à -0,47% pour le 10 ans) et américaine (+0 pbs, à 0,67% pour le taux à 10 ans) sont ressorties au même niveau que la semaine précédente. La surperformance de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal s’explique par les anticipations d’un accord sur le plan de relance européen avec l’approche du sommet de l’Union européenne. Dans ces conditions, l’euro s’est apprécié contre le dollar (+0,25% à 1,1244 $). Le billet vert a cédé du terrain contre la plupart des devises (-0,3% pour son taux de change effectif, à 97,159 points). Il a même perdu du terrain face au yuan chinois qui s’est apprécié (-0,27%, à 7,06743 $) malgré la hausse des menaces américaines sur le cas de Hong-Kong.

Karamo Kaba, Directeur des études économiques