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INFO PARTENAIRE

Les banques centrales font leur rentrée

© Anton Violin / Shutterstock

Les taux européens ont tous surperformé sur la semaine, aidés par les anticipations d’assouplissements supplémentaires de la politique monétaire de la BCE.

Après plusieurs séances turbulentes, les indices boursiers ont repris un chemin haussier sur la dernière semaine d’août, ce qui a atténué les pertes enregistrées sur le mois. Ce répit, survenu après une désescalade au niveau des tensions commerciales, semble toutefois fragile. Une fragilité qui peut être remise en cause à n’importe quel moment, notamment en cas de publication d’un rapport d’emploi décevant. Nous attendons la création de 170 000 postes supplémentaires pour le mois d’août, un niveau supérieur aux 110 000 emplois nécessaires pour stabiliser le taux de chômage selon la Fed d’Atlanta. En attendant, le marché du travail a continué d’envoyer des signes de solidité, à l’image des demandes d’allocation-chômage proches du plus bas niveau depuis 50 ans.

Cette dynamique du marché du travail aurait dû être de nature à calmer les attentes autour des baisses de taux attendues de la Réserve fédérale (Fed). Pourtant, les investisseurs continuent de parier sur au moins deux nouveaux mouvements, ce qui ne paraît pas justifié compte tenu des fondamentaux de l’économie. C’est la raison pour laquelle les interventions des membres de la Fed de cette semaine seront particulièrement scrutées (Monsieur Rosengren, mardi ; Messieurs Williams, Kashkari et Evans mercredi) de même que la publication du Beige Book de l’Institution monétaire. En attendant ces banquiers centraux, le rendement des taux américains est reparti à la baisse, ce qui a permis au 10 ans de casser à la baisse le seuil de 1,50% (-4 points de base sur la semaine – pbs – à 1,4961%). Malgré cette bonne orientation des taux américains, les taux italiens ont réalisé la meilleure performance sur la semaine (-32 pbs, à 0,995%) suite au changement d’alliance du Mouvement cinq étoiles, ce qui permet d’éviter de nouvelles élections.

Outre l’apaisement des inquiétudes politiques en Italie, les taux européens ont tous surperformé sur la semaine, aidés par les anticipations d’assouplissements supplémentaires de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). En effet, la faiblesse de l’inflation et de la croissance vont pousser la BCE à surenchérir pour éviter une appréciation de l’euro qui prendrait place si elle ne faisait rien pour contrer les actions de ses principales consœurs.

Cette perspective de taux durablement bas aide les actifs risqués, toujours attractifs pour tout investisseur en quête de rendement. C’est l’une des raisons pour lesquelles les indices ont repris fin août une partie des pertes enregistrées au cours du mois. Surtout que les statistiques ont montré une certaine résilience de l’activité, notamment aux Etats-Unis où de bonnes indications sur les dépenses de consommation ont rassuré. Même le spectre d’une sortie sans accord de l’Union européenne du Royaume-Uni – après le coup de force du Premier ministre Boris Johnson – n’a pas suffi à remettre en cause cet élan haussier. Cela tient peut-être au fait que, même si le scénario d’un « hard Brexit » a sensiblement gagné en épaisseur, un nombre croissant d’investisseurs continue de parier sur de nouvelles élections (référendum ou élections législatives). Plusieurs sondages ont montré un net regain dans les intentions de vote en faveur des Conservateurs au détriment des Travaillistes et du « Brexit Party ».