Dans cet espace, la rédaction d’ID n’exerce pas de droit de regard sur les informations disponibles et ne saurait voir sa responsabilité engagée.
INFO PARTENAIRE

Léger regain d’optimisme

© Pasuwan / Shutterstock

Même la Fed, qui se veut « data dependant » dans la conduite future de sa politique monétaire, a noté dans son Beige Book de sérieux motifs d’amélioration.

La publication des comptes nationaux américains par le Bureau of Economic Analysis (BEA) devrait montrer un net ralentissement du rythme de progression de la croissance américaine. En effet, après un premier trimestre de bonne facture (+3,1% en rythme annualisé), la croissance des Etats-Unis est en passe de s’établir aux alentours de 1,5%. La première estimation du BEA devrait ainsi montrer des déceptions (investissements, stocks, exportations), en partie compensées par les gains de la consommation des ménages. Cependant, ce ralentissement, largement anticipé au 2ème trimestre, ne devrait pas se prolonger au deuxième semestre si l’on se fie au début de retournement de plusieurs indicateurs avancés.

Ce léger vent d’optimisme a été perceptible après le bond de l’indicateur de la Fed de Philadelphie dans le secteur manufacturier, qui est passé de 0,3 à 21,8 points en juin. Il a aussi été renforcé après la progression des ventes au détail de 0,4% sur le mois de juin - un rythme deux fois supérieur à ce qu’attendait le consensus (+0,2%) - dopée par les ventes de voitures (+0,7% pour un deuxième mois consécutif). De quoi compliquer sérieusement la tâche de la Réserve fédérale (Fed). Même la Banque centrale, qui se veut « data dependant » dans la conduite future de sa politique monétaire, a noté dans son Beige Book de sérieux motifs d’amélioration. Ainsi, la Fed a par exemple fait état d’une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, notamment dans la construction, la technologie et la santé, qui devrait obliger les entreprises à faire un effort sur les rémunérations. Même les ventes au détail et la production industrielle ont surpris en Chine.

Cette perspective, intéressante dans la mesure où elle fait reculer la probabilité d’une récession, aurait dû être un soutien pour les marchés boursiers. Cela n’a pas été le cas, l’indice S&P 500 reculant sur la semaine (-1,2% à 2 977 points) et affichant même une sous-performance avec les valeurs européennes (-0,5%, à 3 480 points pour l’EuroStoxx 50). Les investisseurs, inquiets du PIB en Chine (6,2% au 2ème trimestre, au plus bas depuis 1992) et dans l’attente des résultats de poids lourds comme Facebook, Amazon ou Alphabet, ont semblé réduire leur exposition avec l’escalade des tensions autour du dossier iranien.

Dans ces conditions, la hausse de l’aversion pour le risque (+2,1 points, à 14,45% pour l’indice VIX) a profité aux titres souverains dont les rendements ont pratiquement tous reculé (-5 points de base pour le taux à 10 ans américain), et même parfois de manière forte (-22 points de base pour le taux à 10 ans suisse, à -0,72%). Cet attrait pour les titres suisses peut s’expliquer par la fonction de valeur de refuge qu’a le franc suisse dans les épisodes de tension. Cela peut aussi s’expliquer par la relative perte de confiance pour les grandes devises comme le dollar ou l’euro, au moment où la Fed et la BCE s’apprêtent à lancer de nouvelles mesures de stimulation monétaire.

Cette défiance commence à inquiéter sérieusement les autorités gouvernementales et monétaires, d’où les sorties appuyées de plusieurs banquiers centraux et du Président Trump contre le libra, la crypto-monnaie que veut lancer le géant Facebook