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Le ralentissement se confirme

©Zakharchuk/Shutterstock

Ce pessimisme du FMI n’a toutefois pas suffi à refroidir les ardeurs des investisseurs, portés par des rumeurs de fin de « shutdown ».

A en croire la poursuite à la hausse des indices boursiers, on a l’impression que le plus dur est passé sur les marchés financiers.

Ainsi, après un mois de décembre très négatif, l’optimisme est revenu sur les places financières qui affichent, à quelques exceptions près, des gains en ce début d’année. Cette euphorie des investisseurs est toutefois insuffisante pour faire disparaître ce parfum de fin de cycle qui s’installe, comme l’a confirmée la nouvelle alerte du Fonds monétaire international (FMI) sur l’état de santé de la croissance mondiale. En effet, trois mois seulement après avoir révisé à la baisse ses perspectives, le FMI a récidivé.

Le rythme de progression du PIB global a ainsi été abaissé pour 2019 (-0,2 à 3,5%) et 2020 (-0,1 à 3,6%) afin de mieux refléter la hausse des tensions commerciales, l’escalade des risques politiques et la dégradation des conditions financières. Ce pessimisme du FMI n’a toutefois pas suffi à refroidir les ardeurs des investisseurs, portés par des rumeurs de fin de « shutdown » après 35 jours de blocage et des avancées sur les négociations commerciales. D’ailleurs, certains investisseurs parient sur une accélération dans les discussions sino-américaines lors de l’arrivée prochaine du vice Premier ministre chinois, Liu He, à Washington.

Les indices ont aussi été soutenus par les bons résultats d’entreprises, notamment dans le secteur technologique (malgré Intel). Les indices américains ont ainsi mieux terminé la semaine qu’ils ne l’avaient commencée (Dow Jones : + 0,1%, à 24 737 points ; S&P 500 : -0,2%, à 2 665 points), en sous-performance par rapport aux progressions enregistrées en Europe (EuroStoxx 50 : +0,9%, à 3,163 points). Pourtant, s’il y a une zone qui ressort au centre des préoccupations, c’est bien l’Europe (-0,3 point, à 1,6% pour le PIB en 2019 pour le FMI), en particulier l’Allemagne et la France. Et ce n’est pas la dernière baisse du PMI composite de la zone Euro (-0,4, à 50,7 points en janvier), à son plus bas niveau depuis juillet 2013, qui va arranger les choses.

Surtout que les indicateurs avancés ont commencé à se contracter en France dans l’industrie et les services et en Italie dans l’industrie. Cela a conduit la Banque centrale européenne (BCE) à reconnaitre officiellement une amplification des risques baissiers pour la zone dans son ensemble sans pour autant craindre une récession. En attendant que la BCE prenne d’autres initiatives, en cas de dégradations plus prononcées de l’activité, le scénario d’une hausse des taux d’intérêt en 2019 s’est éloigné encore davantage.

La politique monétaire devrait rester accommodante avec l’annonce du réinvestissement du principal des emprunts arrivant à échéance, ce qui a profité aux obligations de pays tels que l’Italie (-9 points de base, à 2,65% pour le BTP à 10 ans). Aux Etats-Unis, le rendement des taux longs a reculé sur la semaine, pénalisé par la hausse de l’aversion pour le risque (taux 10 ans : -3 points de base, à 2,75%). Le dollar n’a pas profité de cette hausse de l’aversion pour le risque. Le billet a cédé du terrain contre toutes les monnaies (-0,6%). L’euro en a profité pour revenir au-dessus du seuil de 1,14 dollar. Mais la grande gagnante de la semaine a sans doute été la livre sterling (+2,60% contre le dollar) avec l’éloignement du spectre d’un « hard Brexit » et à la veille d’un nouveau vote décisif à Westminster.